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Tiers pays sûrs : Couillard rejette la demande du PQ

L'appel du chef du Parti québécois (PQ) à suspendre l'Entente entre le Canada et les États-Unis sur les tiers pays sûrs aurait des conséquences négatives majeures, estime Philippe Couillard, qui a invité dimanche son rival à mieux étudier le dossier.

« Je vois que ça a été fait avec bonne volonté par M. Lisée [...] et je l’engage à étudier davantage cette question, il va se rendre compte que c’est loin d’être aussi simple, et que les répercussions peuvent être bien au-delà de ce qu’il a analysé », a dit le premier ministre en réaction à la lettre de Jean-François Lisée.

Philippe Couillard a souligné que le Canada ne reconnaît actuellement qu'un seul pays tiers sûr au monde : les États-Unis.

Si Ottawa devait suspendre cet accord, « les conséquences diplomatiques négatives sur le Québec et le Canada seraient majeures », a estimé le premier ministre, qui s'exprimait en marge du congrès des jeunes du Parti libéral du Québec (PLQ), à Sherbrooke.

Il en a profité pour rappeler le message qu'il veut envoyer aux demandeurs d'asile qui affluent des États-Unis.

« On est une terre d’accueil, une terre de compassion [...], mais le parcours qui mène au statut de réfugié n’est pas un parcours facile ni confortable », a-t-il souligné.

« Il n’y a aucune garantie de succès, les chiffres du passé le démontrent », a ajouté Philippe Couillard.

Les protocoles respectés à la lettre

En visite au poste-frontière de Saint-Bernard de Lacolle, le ministre fédéral des Transports Marc Garneau a assuré dimanche que tous les processus touchant les demandes de réfugiés étaient stricts et que les protocoles prévus étaient respectés à la lettre.

Appelé à commenter l’afflux incessant de demandeurs d’asile en provenance des États-Unis, en grande majorité d’origine haïtienne, le ministre a rappelé que « le Canada a une politique en place depuis des décennies » avec de nombreux critères d’admission en ce qui concerne le traitement des demandes de réfugiés.

« Il faut que ces critères-là soient rencontrés, a-t-il répété. Arriver à la frontière du Canada, ce n’est pas un billet automatique pour entrer [au pays]. »

M. Garneau a rappelé qu’un demandeur d’asile doit démontrer qu’il « a la crainte d’être persécuté s’il est retourné dans son pays », et que chaque dossier est « examiné au cas par cas ». Les motifs pouvant être invoqués concernent entre autres la peur d’être persécuté pour des positions politiques, l’orientation sexuelle et autres raisons graves, a expliqué le ministre.

Il estime que le Canada en fait beaucoup pour communiquer ces critères aux populations dans divers pays.

Indiquant qu’il se trouvait sur place pour recueillir de l’information et observer les ressources déployées afin de loger les demandeurs d’asile et traiter leurs demandes, M. Garneau a tenu à livrer des messages spécifiques aux Canadiens et aux demandeurs d’asile.

Pour rassurer les Canadiens, il a affirmé « qu’on a des vrais professionnels ici, qui s’adressent à la situation (sic) ». Aux gens tentés de traverser la frontière en dehors des processus réguliers, il rappelle que la frontière « continue d’être extrêmement bien gérée ».

Marc Garneau a aussi pu observer le travail de la centaine de soldats des Forces armées canadiennes en train de déployer un deuxième camp pour accueillir les demandeurs d’asile. Les 24 nouvelles tentes pourront recevoir 700 personnes. Un troisième camp sera par la suite construit, afin de porter à plus de 1200 le nombre de lits disponibles pour héberger temporairement les migrants.

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