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Tout ce que vous devez savoir sur les élections à Montréal

Depuis quand les élections sont-elles déclenchées? Qui sont les candidats qui se présentent cette année? Quand devrons-nous voter? Les questions sont nombreuses pour les Montréalais qui ne suivent pas attentivement la campagne électorale qui s'amorce. Le porte-parole d'Élection Montréal, Pierre G. Laporte, a accepté d'y répondre succinctement.

Propos recueillis par Jérôme Labbé

Pierre G. Laporte est ce qu'on pourrait appeler un « vieux routier » de la politique municipale. Il a notamment occupé divers postes aux communications de la Ville et de la Société de transport de Montréal (STM) dans les années 90. Au Service du greffe depuis 14 ans, il en est à sa troisième élection générale à titre de porte-parole d'Élection Montréal.

Jérôme Labbé : Des affiches électorales ont fait leur apparition un peu partout en ville. Combien de temps durera cette campagne électorale?

Pierre G. Laporte : La période de mise en candidature a officiellement débuté le vendredi 22 septembre. Elle prendra fin deux semaines plus tard, le vendredi 6 octobre, à 16 h 30. En théorie, on saura à ce moment-là si des candidats sont élus par acclamation, mais à Montréal, c'est plutôt rare. Il faudra donc attendre au jour du scrutin, le dimanche 5 novembre, pour savoir qui sera élu. Au Québec, les élections municipales ont lieu le 1er dimanche de novembre tous les quatre ans; les dernières ont eu lieu le 3 novembre 2013, et les prochaines se tiendront le 7 novembre 2021.

JL : Qui sont les candidats?

PGL : Il y en aura plusieurs! L'élection vise à [pourvoir] 103 postes, soit : 1 maire, 18 maires d'arrondissements et 84 conseillers, dont 46 « conseillers de ville », répartis dans 58 districts électoraux. Le cadre électoral est un peu compliqué... Ce qu'il faut comprendre, c'est que plus l'arrondissement est populeux, plus il compte de conseillers de ville, qui siègent à la fois au conseil municipal et à leur conseil d'arrondissement. Par exemple, dans l'arrondissement le plus peuplé de Montréal, soit Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce (166 520 résidents au recensement de 2016), il n'y a que des conseillers de ville; aucun conseiller d'arrondissement. À l'inverse, les arrondissements moins peuplés, comme L'Île-Bizard-Sainte-Geneviève (18 413 résidents) et Outremont (23 954 résidents), n'ont aucun conseiller de ville; seul leur maire d'arrondissement siège au conseil municipal. Ça peut sembler inéquitable, mais c'est le système qui a été retenu après les défusions municipales pour que les arrondissements correspondent à peu près au territoire des municipalités ayant choisi de rester à Montréal. En tout, il existe six modèles différents. C'est dans Ville-Marie qu'on vote le moins – deux fois –, parce qu'il n'y a que des conseillers de ville et que le maire de l'arrondissement est de facto le maire de Montréal. Et c'est dans LaSalle et Verdun qu'on vote le plus – cinq fois –, parce que leur modèle permet à chaque électeur de voter non pas pour un, mais pour deux conseillers d'arrondissement.

JL : Y a-t-il des partis sur la scène municipale?

PGL : Actuellement, il y a huit partis politiques reconnus à Montréal. Sept d'entre eux ont fait élire des candidats en 2013, mais quatre seulement présentaient des candidats dans plus d'un arrondissement : l'Équipe Denis Coderre pour Montréal, Projet Montréal, Vrai changement pour Montréal et Coalition Montréal. (NDLR : Ces quatre partis seront encore sur les rangs cette année.)

JL : Comme il n'y aura qu'un seul maire d'élu, est-ce que ça veut dire que les autres chefs de partis ne siégeront pas au conseil municipal?

PGL : Non, car depuis 2005, chaque candidat à la mairie peut nommer un colistier qui pourra lui céder sa place en cas de défaite dans les 30 jours suivant l'élection. Mais encore faut-il que ce candidat soit élu! En 2013, après l'élection de Denis Coderre à la mairie, le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, avait pris la place de Janine Krieber, élue dans le district de Saint-Jacques, dans l'arrondissement de Ville-Marie, tandis que les colistiers de Mélanie Joly, de Vrai changement pour Montréal, et de Marcel Côté, de Coalition Montréal, n'avaient pas été élus. Cette fois, Denis Coderre a choisi comme colistière Chantal Rossi, conseillère de ville dans le district de Marie-Clarac, dans l'arrondissement de Montréal-Nord, alors que Valérie Plante, de Projet Montréal, s'est rabattue sur Sophie Mauzerolle, qui se présentera dans le district de Sainte-Marie, au centre-ville. (NDLR : la nouvelle chef de Vrai changement pour Montréal, Justine McIntyre, ne pourra pas nommer de colistier, puisqu'elle se présente non pas à la mairie de Montréal, mais à celle de l'arrondissement de Pierrefonds-Roxboro.)

JL : Quelles sont les propositions des candidats?

PGL : Contrairement à la situation qui prévaut dans d'autres pays du monde, Élection Montréal n'a pas le mandat de partager les plateformes électorales des candidats ni d'organiser des débats. C'est aux candidats eux-mêmes de faire connaître leurs propositions au grand public. Les budgets dont ils disposent pour le faire, par contre, sont encadrés par la loi électorale. Les médias ont aussi une grande responsabilité en ce qui a trait à la diffusion de leurs messages.

JL : Les Montréalais seront-ils nombreux à voter?

PGL : Il y a actuellement 1 139 000 électeurs inscrits, soit 38 000 de plus qu'il y a quatre ans. En 2013, le taux de participation avait été de 43,3 %. On espère que ce sera plus cette année, mais on ne s'est pas fixé d'objectif. On va quand même faire une campagne publicitaire avec le Directeur général des élections du Québec pour inciter les électeurs à aller voter. Habituellement, plus les débats sont animés, plus les enjeux sont importants, [et] plus le taux de participation est élevé, alors il faudra voir comment va se dérouler la campagne.

JL : Si un électeur ne peut pas se déplacer le 5 novembre, quelles solutions s'offrent à lui?

PGL : Partout au Québec, le vote par anticipation aura lieu le dimanche 29 octobre de 12 h à 20 h. Mais à Montréal, quatre journées supplémentaires sont offertes au bureau du président d'élection de chaque arrondissement, les 27, 30 et 31 octobre de 10 h à 20 h et le 1er novembre de 10 h à 14 h. Tous les bureaux de vote sont universellement accessibles. Les personnes incapables de se déplacer pour des raisons de santé peuvent également voter à domicile si elles en font la demande avant le 19 octobre. Enfin, 330 bureaux itinérants seront aménagés le 28 octobre pour permettre le vote des personnes domiciliées dans des CHSLD et des centres de réadaptation, par exemple.

JL : Les électeurs vont-ils recevoir une carte par la poste pour leur dire où voter?

PGL : En fait, les électeurs vont recevoir deux cartes. La première, ce sera l'avis d'inscription, qui sera envoyé au début d'octobre pour dire à chaque ménage combien d'électeurs sont inscrits à leur adresse. S'ils ne reçoivent pas cette carte ou si elle contient des erreurs, les électeurs pourront nous contacter pendant la période de révision, qui aura lieu du 7 au 19 octobre. Puis, une seconde carte sera envoyée à tous les Montréalais. Elle indiquera : le jour du vote, l'adresse du bureau de scrutin ainsi que les candidats qui se présentent dans leur district, dans leur arrondissement et à la mairie de Montréal. Il ne sera pas obligatoire d'[apporter] cette carte le jour du scrutin, mais ça ira plus vite pour voter, parce qu'on saura tout de suite à quel pôle les envoyer.

JL : Quelles sont les pièces d'identité nécessaires pour voter?

PGL : Il faut que ce soit une pièce d'identité avec photo, comme une carte d'assurance maladie, un permis de conduire ou un passeport. Si l'électeur est inscrit sur la liste électorale, il n'aura pas à fournir une preuve de résidence au moment de voter. Jadis, on pouvait voter en étant assermenté, mais ce n'est plus possible aujourd'hui.

JL : Faut-il absolument voter à visage découvert?

PGL : Oui, mais en 2013, ça n'a pas été un problème. Une seule personne s'est présentée pour voter avec un niqab – je crois que c'était dans le quartier Parc-Extension –, mais sans entrer dans les détails, la personne a pu être identifiée par un officier. On lui a donc permis de voter.

JL : Les élections scolaires ne devaient-elles pas être synchronisées avec les élections municipales?

PGL : Ça fait longtemps qu'on en parle, mais ça ne s'est jamais concrétisé. À Montréal, on a toujours eu certaines réticences, pour des questions territoriales, essentiellement. Parce que les territoires des commissions scolaires – English Montreal, la Commission scolaire de Montréal (CSDM), Marguerite-Bourgeoys, Pointe-de-l'Île – ne correspondent pas nécessairement avec le territoire des 16 municipalités situées sur l'île de Montréal, alors ça pourrait causer des problèmes logistiques.

JL : Vers qui les électeurs en dehors de Montréal peuvent-ils se tourner s'ils veulent en savoir plus sur l'élection du 5 novembre?

PGL : Les grandes municipalités – Québec et Laval, par exemple – ont mis sur pied des organisations similaires à Élection Montréal. Dans tous les cas, les greffiers de toutes les municipalités du Québec sont d'office nommés président d'élection : c'est dans la loi, alors j'aurais tendance à conseiller aux électeurs d'appeler à leur hôtel de ville s'ils ont des questions concernant leur élection locale. À Montréal, toutes nos informations sont accessibles sur le site jevotepourmaville.ca. Et puis tous les candidats seront éventuellement listés sur le site du DGEQ, également.

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