Retour

Tout n’est pas perdu pour le recensement long, dit un statisticien

Le statisticien en chef du Manitoba, Wilf Falk, est optimiste quant au fait que le premier ministre désigné, Justin Trudeau, rétablisse le questionnaire long et obligatoire du recensement.

L'expert entretient l'espoir que cela puisse se faire à temps pour le dénombrement de la population en 2016.

« Il faut que ce soit un des premiers gestes du nouveau gouvernement », précise M. Falk. « C'est un moyen peu coûteux de s'écarter de l'ancien régime. »

Dans une lettre ouverte publiée le 25 septembre dernier et adressée aux employés de la fonction publique, Justin Trudeau avait fait du retour du questionnaire détaillé une promesse électorale.

« Un gouvernement libéral rétablira immédiatement le questionnaire détaillé obligatoire du recensement et donnera plus d'indépendance à Statistique Canada. Nous nous assurerons que la prise de décision basée sur des faits est de nouveau un principe directeur au gouvernement du Canada », avait-il écrit.

En 2010, les conservateurs avaient abrogé une section de la loi qui forçait les Canadiens à remplir le questionnaire long du recensement et a remplacé ce dernier par l'Enquête nationale auprès des ménages, qui est à participation volontaire.

Sans menace d'arrestation ou d'amende, le taux de réponse des Canadiens a chuté de façon considérable.

Au Manitoba, le taux de réponse au recensement de 2011 était de 68 %, ce qui est notablement inférieur au taux de 95 % obtenu en 2006.

Plus de participation, plus d'argent pour les provinces

« La chute de participation a coûté cher au Manitoba », affirme Wilf Falk. « En termes de paiements de transfert, le ministre des Finances du Manitoba vient de m'envoyer une prévision pour 2016 selon laquelle la province perdra 46 000 $ sur cinq ans pour chaque personne qui a refusé de remplir le questionnaire. »

En outre, le faible taux de participation pourrait se traduire par la réduction du financement des activités dans les communautés linguistiques en milieu minoritaire ou même l'élimination de services fédéraux dans les deux langues, puisque le gouvernement fédéral se fie aux données du recensement lorsqu'il alloue des ressources et des fonds aux provinces pour ces programmes.

Non seulement le rétablissement du recensement détaillé obligatoire permettrait d'effectuer une collecte de données plus justes, mais il s'avère en plus que l'Enquête nationale auprès des ménages coûte 22 millions de dollars de plus que le questionnaire long du recensement, souligne Wilf Falk.

Afin d'assurer que le formulaire long obligatoire soit imprimé à temps, le nouveau gouvernement libéral devra agir rapidement. Le prochain recensement de la population canadienne est prévu en mai 2016.

Justin Trudeau sera assermenté le mercredi 4 novembre, moment où il dévoilera la composition de son cabinet.

Plus d'articles

Commentaires