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Tramways, REM amélioré et prolongement d'autoroutes : la CAQ veut décongestionner le Grand Montréal

Désengorger les routes de Montréal et de ses banlieues passe par l'aménagement de deux lignes de tramway, le prolongement des autoroutes 13 et 19 ainsi que et la bonification du projet de Réseau express métropolitain (REM), selon la Coalition avenir Québec (CAQ). Celle-ci semble vouloir courtiser les électeurs des parties nord et sud de la couronne de Montréal ainsi que de l'est de Montréal en vue du scrutin d'octobre prochain.

Un texte de Bernard Barbeau

Le chef de la CAQ, François Legault, a présenté mercredi un plan de 10 milliards de dollars, une somme qui viendra du Programme québécois des infrastructures (PQI). Piloté par le député Benoit Charrette, qui était aussi présent, ce plan s’échelonne jusqu’en 2030 et met de l’avant une vingtaine de « solutions » pour améliorer la circulation. Ces projets concernent à la fois le transport en commun et le réseau routier.

Les projets que la CAQ propose incluent :

  • le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal, un projet dont les gouvernements Trudeau et Couillard ont lancé le dossier d'affaires;
  • l'étude de l’opportunité de prolonger la ligne jaune du métro à Longueuil;
  • le prolongement du REM de Brossard à Chambly ainsi qu’à Laval;
  • la revitalisation du boulevard Taschereau avec un tramway de 6,5 kilomètres, de Longueuil à Brossard, avec une connexion au REM;
  • l'aménagement d’un tramway allant de la pointe de l’Île au centre-ville;
  • le resserrement de l'échéancier pour le service rapide par bus (SRB) Pie-IX;
  • l'élargissement de l’autoroute 30, à trois voies, sur le tronçon entre les autoroutes 10 et 20 pour du transport collectif;
  • le prolongement de l’autoroute 19 jusqu’à Bois-des-Filion;
  • le prolongement de l’autoroute 13, jusqu’à l’autoroute 50, sous la forme d’un boulevard urbain;
  • la relance du projet de modernisation de la rue Notre-Dame-Est, sous la forme d’un boulevard urbain;
  • l'instauration d’incitatifs fiscaux en faveur du covoiturage;
  • l'exécution des travaux routiers 24 heures sur 24 dans les zones non habitées.

Un grand absent, parmi ces projets : la mise en place de la ligne rose du métro que souhaite la mairesse de Montréal, Valérie Plante. M. Legault avait déjà dit ne pas vouloir de la ligne rose.

Le cabinet de Valérie Plante a eu une réaction mitigée au projet de la CAQ. « C’est un plan intéressant, mais qui n’aborde pas la problématique principale, soit la saturation du réseau du métro, que ce soit de la ligne orange ou des stations du centre-ville. La seule solution concrète à ce problème est et demeure le projet de construction de la ligne rose », écrit-il dans un courriel. Il ajoute que « le réaménagement de la rue Notre-Dame en boulevard urbain, qui inclurait un mode de transport en commun efficace fait partie de nos priorités depuis longtemps »

Et l’ARTM, là-dedans?

Quant à l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), dont le mandat est justement les priorités du Grand Montréal en la matière, la CAQ tiendra compte de son apport, mais elle se réserve le dernier mot.

« On va se garder un droit de veto, a dit M. Legault. On veut regarder ce qui est le plus important et le plus urgent pour les citoyens, quelles sont les propositions qui rejoignent le plus de citoyens. »

La CAQ est d’avis que la Ville de Montréal a présentement trop de pouvoir au sein de l’ARTM. M. Legault, qui croit que le gouvernement doit agir comme un « arbitre », souhaite arriver à « une meilleure participation et un meilleur équilibre entre les maires et mairesses du 450 et la mairesse de Montréal ».

Benoit Charrette a rappelé que la CAQ avait voté contre la constitution de l’ARTM, ajoutant toutefois qu’il n’est pas question de la démanteler. « Je vous rassure : ce n’est pas l’intention de la Coalition avenir Québec de revenir en arrière », a-t-il affirmé.

« Mais, effectivement, il y a un déséquilibre qui est réitéré dans les couronnes par rapport à la prise de décisions sur certains projets, a poursuivi M. Charrette. On veut s’assurer que l’ARTM arrive, à travers sa gouvernance, à avoir une réelle vision d’ensemble de la région pour s’assurer que chaque projet retenu ait la plus grande portée possible et non pas concentrer tous les projets de développement dans un trop petit rayon qui profiterait au final à bien moins de gens. »

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