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Trans Mountain : la pression s'accentue sur Ottawa

La pression s'accentue sur le gouvernement fédéral pour qu'il utilise la Constitution ou des moyens financiers pour veiller à ce que l'expansion du pipeline Trans Mountain soit réalisée.

Le gouvernement Trudeau a convoqué ses ministres pour une réunion spéciale du Cabinet mardi pour discuter des moyens à prendre au sujet de l'oléoduc de Kinder Morgan qui relie l'Alberta à la Colombie-Britannique. Cette rencontre fait suite à l'annonce d'un possible abandon du projet par la pétrolière.

Le chef du Parti conservateur uni en Alberta, Jason Kenney, soutient que puisque le gouvernement Trudeau n’a pas eu de scrupules à retenir plus de 60 millions de dollars de la Saskatchewan parce qu'elle a refusé d’adhérer au plan libéral sur le carbone, il devrait également suivre cette logique pour la Colombie-Britannique qui fait obstruction au pipeline. Selon lui, Ottawa devrait retenir l’argent de transfert de cette province.

Le politicien a écrit sur Twitter que la Colombie-Britannique a lancé une crise constitutionnelle et qu’Ottawa n’a pas répliqué. « Les transferts fédéraux vers le trésor de la Colombie-Britannique constituaient 8,9 milliards de dollars cette année, près de 17 % du budget, a-t-il soutenu. Même un petit contrecoup de la part d’Ottawa pourrait mettre en péril un budget équilibré dans la province. »

Le ministre des Ressources naturelles, Jim Carr, a affirmé que le Canada considérera différentes options, mais a insisté sur le fait que le gouvernement a approuvé le projet d'expansion du pipeline dans l’intérêt national et qu’il sera construit.

Ottawa pourrait décider d’investir dans le pipeline pour veiller à ce qu’il soit complété.

Après avoir parlé d’un possible engagement financier, mardi, l’Alberta a déclaré qu’elle était même prête à acheter l’oléoduc Trans Mountain pour s’assurer qu’il soit construit.

Vers une crise constitutionnelle?

Selon la Constitution, le transport interprovincial qui comprend les pipelines et les projets dans l’intérêt national sont de compétence fédérale. Le projet d’agrandissement du pipeline tombe dans ces deux catégories.

Ottawa pourrait poursuivre le gouvernement de la Colombie-Britannique, même si le genre de poursuite pouvant être entreprise n’est pas clair. En effet, la Colombie-Britannique n’a pas encore mis ses menaces à exécution pour empêcher que plus de pétrole ne passe dans le pipeline.

« Ce que nous voyons pour le moment est de la rhétorique et non pas des actions alors ça limite les options du gouvernement fédéral d’un point de vue constitutionnel, soutient Emmett Macfarlane professeur en science politique de l’Université de Waterloo et expert en matière constitutionnelle ».

De son côté, le premier ministre de Terre-Neuve, Dwight Ball, de passage à Ottawa mardi, a aussi encouragé Rachel Notley , la première ministre de l’Alberta et John Horgan en Colombie-Britannique à trouver un terrain d'entente.

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