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Transport aérien en région : Lisée vilipende Air Canada

« Air Canada est un mauvais citoyen corporatif » quand vient le moment de desservir les régions du Québec, affirme le chef du Parti québécois (PQ). En entrevue à Radio-Canada, Jean-François Lisée et trois de ses députés demandent un prix plancher afin de rétablir une saine concurrence.

Un texte de Mathieu Dion, correspondant parlementaire à Québec

« Ça peut coûter près de 1000 $ se rendre à Baie-Comeau [à partir de Montréal]. Ça coûte moins cher d’aller à Pékin », a dénoncé M. Lisée à quelques jours du Sommet sur le transport aérien régional, qui se tiendra vendredi à Lévis.

L’Union des municipalités du Québec dévoilait la semaine dernière que le prix d’un billet d’avion pour un vol régional est 55 % plus élevé au Québec qu’ailleurs au pays. Le géant Air Canada serait devenu en situation « quasi monopolistique pour 67 % des destinations québécoises ». La compagnie aérienne bénéficierait ainsi d’une grande latitude pour moduler les prix à sa convenance.

Pour y remédier, un gouvernement péquiste tenterait d’implanter une série de mesures, dont un prix minimal pour une route aérienne. « L’idée d’un prix plancher en bas duquel une compagnie ne peut pas casser les prix, ça existe, est d’avis M. Lisée. Ça existe pour le pétrole, ça existe pour la bière. » Les plus petites compagnies aériennes comme WestJet et Porter – présentement absentes dans les régions québécoises – auraient ainsi l'assurance de toujours conserver un certain seuil de rentabilité.

Puisque le transport aérien est de compétence fédérale, les pouvoirs du Québec en la matière sont limités. D’ailleurs, les hautes instances du PQ se gardent bien d'établir un prix plancher de même que le coût de légiférer en la matière pour l’État. Il y aurait « plusieurs formules possibles », disent les péquistes, sans préciser lesquelles.

Un enjeu électoral?

Pour de nombreuses régions, l’enjeu serait « un frein » au développement des affaires des petites entreprises et du tourisme ainsi qu’à une bonne qualité de vie.

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a également pris position dans ce dossier la semaine dernière. La CAQ propose de négocier avec Air Canada afin d’obtenir un prix plafond et des normes sur la fréquence des passages d’avions.

Avec sa sortie, Jean-François Lisée s’est défendu de vouloir faire des gains au détriment de la CAQ en région. « Vous ramenez toujours ça à la question électorale, mais moi, je ramène ça à un État fort au service des régions. »

Les régions fondent beaucoup d’espoir sur le sommet de vendredi à Lévis. Québec devrait y faire des annonces et agir sur plusieurs fronts dans les prochaines semaines.

« Il y a neuf transporteurs qui couvrent les régions au Québec. On ne travaille pas que pour un seul transporteur, prévient la ministre déléguée aux Transports, Véronyque Tremblay. On veut donner les outils nécessaires pour aider à diminuer les prix et à améliorer les dessertes régionales et les infrastructures aéroportuaires. »

Si le gouvernement déçoit, le transport aérien pourrait devenir un enjeu électoral là où il constitue un problème.

Pas de solution unique

Appelée à réagir, l’Union des municipalités du Québec (UMQ) a salué l’engagement du Parti québécois. Cependant, l’instauration d’un prix plancher « est l’une des possibilités » comme celles d’un prix plafond, d’une diminution de taxes et des frais aéroportuaires et d’un meilleur financement dans les aéroports municipaux et régionaux.

Les infrastructures aéroportuaires en régions ont de grands besoins estimés, selon l’UMQ, à 282 millions de dollars sur cinq ans.

Le choix des solutions aux problèmes demeure par ailleurs dans la cour d’Ottawa. « On ne parle pas beaucoup avec le fédéral alors que la clé est là », admet Daniel Côté, le président du Comité sur le transport aérien de l’UMQ.

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