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Transport aérien : un budget qui suscite beaucoup d’espoirs

L'annonce d'un investissement de 173 millions de dollars pour améliorer la desserte aérienne en région fait rêver les élus de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent.

Un texte de Joane BérubéDes 173 millions de dollars pour améliorer la desserte de transport aérien en région, 100 millions seront consacrés à la réfection et au développement des aéroports régionaux.

Plusieurs municipalités ont déjà préparé leurs projets de développement aéroportuaire. C’est le cas de Sainte-Anne-des-Monts et de Matane.

À Sainte-Anne-des-Monts, le maire Simon Deschênes évalue les besoins à un peu plus de 5 millions de dollars.

La Municipalité, indique le maire, a été invitée à déposer un avant-projet au cours de l’hiver. « On croit fermement qu’on pourrait avoir une annonce dans les prochaines semaines », ajoute M. Deschênes qui croit que plusieurs municipalités de l’Est-du-Québec pourraient recevoir de bonnes nouvelles sous peu.

Le maire de Matane, Jérôme Landry, y voit aussi une occasion de développer l’aéroport de Matane, dont la relance, il y a un an et demi, a permis de tripler l’achalandage.

Des gens d’affaires et des travailleurs de la Garde côtière utilisent désormais l’aéroport sur une base régulière. « Des gens d’affaires ont décidé d’acquérir des avions pour avoir un service qui répond à leurs besoins, il faut maintenant y répondre. C’est important d’avoir ces sommes-là pour mettre à niveau l’aéroport », explique le maire Landry.

À l’instar de la Ville de Sainte-Anne-des-Monts, la Ville de Matane a aussi déposé récemment une demande d’aide financière pour son aéroport.

Québec n’avait pas investi dans les aéroports depuis 2015. Le gouvernement avait promis un réinvestissement lors du sommet sur le transport aérien pour les infrastructures régionales.

Un sondage réalisé par l’Union des municipalités du Québec, au printemps 2017, avait permis de répertorier et d’évaluer les travaux nécessaires pour la remise à niveau des aéroports régionaux du Québec. Selon les résultats de l’étude, les investissements requis totalisaient près de 400 millions de dollars en cinq ans.

Pour le directeur général de la Chambre de commerce Baie-des-Chaleurs, Maurice Quesnel, plusieurs mesures annoncées par le ministre des Finances l’avaient déjà été lors du sommet sur le transport aérien qui s’est tenu à Lévis le 2 février dernier. « On aurait aimé avoir plus, mais c’est un bon pas en avant », conclut M. Quesnel.

Toutefois, en investissant seulement le quart des besoins évalués par l’UMQ, Québec risque de faire de cet investissement un enjeu politique, croit-il.

De l’argent pour les déplacements

Une somme de 51 millions sera aussi disponible pour faciliter les déplacements aériens des habitants de certaines régions. Le maire de Matane se réjouit de la mesure, mais souligne que cela ne devrait pas servir à maintenir le prix des billets artificiellement élevé.

Le directeur de la Chambre de commerce Baie-des-Chaleurs attend de connaître les modalités d’application du programme. Il souhaite que les petites entreprises puissent aussi bénéficier du remboursement.

Québec versera 22 millions pour favoriser la création de nouvelles liaisons aériennes et la venue de nouveaux transporteurs.

Le maire de Sainte-Anne-des-Monts voit cette mesure d’un bon œil et se permet de rêver : « J’aimerais ça, un jour, que quelqu’un de Montréal puisse prendre l’avion, venir à Sainte-Anne-des-Monts deux ou trois jours, et repartir ensuite en avion pour Montréal. »

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