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Transport en commun : plaidoyer pour les banlieues

La Ville de Québec tenait mardi sa première séance de consultation sur un projet de transport collectif pour remplacer le Service rapide par bus (SRB), abandonné en avril. Alors que l'administration Labeaume cherche un consensus, cet exercice a surtout démontré les failles du Réseau de transport de la Capitale (RTC) dans les banlieues.

Un texte de Louise Boisvert

Environ 150 personnes se sont présentées à cette première séance qui avait lieu en après-midi au Centre sportif Marc-Simoneau de Beauport, un secteur mal desservi par le transport en commun.

« Ce n'est pas normal que je sois parti de l'Université Laval pour venir ici aujourd'hui et qu'il m'a fallu une heure pour le faire alors qu'en automobile, cela m'aurait pris 15 minutes », s'est indigné Alex Tremblay-Lamarche, du regroupement Jeunes de Québec pour la mobilité, groupe qui militait il n'y a pas si longtemps pour le maintien du SRB.

Même remarque de la part de Jacques Beaumier qui voulait faire le trajet en autobus à partir du quartier Saint-Jean-Baptiste et qui a finalement opté pour son vélo.

« Ça fait dur », a renchéri Xaxier-Jacques Côté, qui demande un meilleur service de transport en commun dans l'axe est-ouest entre les banlieues.

Après l'abandon du SRB, le maire Régis Labeaume a ouvert la porte toute grande pour revoir le transport dans les banlieues. La Ville a visé juste.

La conseillère aux consultations publiques à la Ville de Québec, Marie Lagier, les a invités à se présenter aux consultations publiques du RTC qui auront lieu en septembre sur la vision d'avenir du transporteur.

Peu de projets à faire rêver

Pour le reste, la vingtaine de participants qui se sont exprimés au micro n'ont pas présenté de projets à faire rêver comme le souhaitait le maire de Québec.

Il a été question de voitures autonomes, de véhicules électriques, de monorail, mais pas de métro, de tramway ou de troisième lien entre Québec et Lévis.

Pour certains, le réseau actuel est suffisant, ne reste qu'à le moderniser. Pour d'autres, la Ville a pris du retard par rapport aux autres villes du monde.

Après une première séance, le consensus est loin d'être atteint.

Le maire Labeaume à l'écoute

Le maire Régis Labeaume tenait à être présent lors de cette séance. Il a souhaité la bienvenue aux citoyens avant d'aller s'asseoir dans le fond de la salle pour écouter les commentaires et les questions du public.

Les citoyens ont dû se montrer patients. La consultation a commencé avec une présentation de près de 60 minutes pour bien expliquer la démarche de la Ville qui proposait, il y a quelques semaines encore, un projet de SRB avec un tracé sur le boulevard Charest.

Le directeur du bureau d'études du projet de SRB, Jacques Bédard, a voulu se faire rassurant en précisant que le moyen retenu pour le futur système de transport en commun n'était pas encore déterminé : « Je vous rappelle que nous n'avons pas encore choisi le véhicule ».

Passer son message

Ce n'est pas du tout l'impression de la chef de l'opposition à la Ville de Québec, Anne Guérette.

« On se demande si c'est vraiment une consultation ouverte ou une opération de vente du SRB du maire Labeaume sur Charest », a-t-elle lancé à la sortie de la rencontre.

Une impression partagée par son adversaire Jean-François Gosselin, chef du nouveau parti Québec 21.

Le candidat à la mairie souhaite que le transport soit un enjeu électoral et il reproche au maire Labeaume de tenir des consultations pour éviter le débat durant la campagne.

Jean-François Gosselin réitère qu'un vote pour lui sera un vote anti-SRB et que la seule infrastructure nécessaire à ce point-ci, c'est un troisième lien.

La prochaine séance publique aura lieu mercredi soir au Club social Victoria à 19h. Deux autres auront lieu samedi.

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