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Traversier vers Anticosti : deux municipalités dévitalisées veulent être les ports d'attache

Les maires de Rivière-Saint-Jean, sur la Côte-Nord, et de Grande-Vallée, en Gaspésie, demandent au gouvernement du Québec de choisir leur municipalité pour l'établissement d'un lien maritime vers l'île d'Anticosti. Ainsi, ils croient qu'une traverse entre Rivière-au-Renard, Anticosti et Havre-Saint-Pierre, qui semble être l'option privilégiée, ne serait pas la plus profitable pour l'économie des deux rives.

Un texte de Michel-Félix Tremblay

Le maire de Grande-Vallée, Noël Richard, n'en démord pas. Sa municipalité est le choix logique pour désenclaver Anticosti. D'abord, les insulaires gagneraient environ 65 kilomètres pour rallier les grands centres, par rapport à Rivière-au-Renard.

Mais surtout, juge le maire, le gouvernement doit favoriser des secteurs, comme l'Estran, qui tentent difficilement de diversifier leur économie.

De l'autre côté du fleuve, sa collègue de Rivière-Saint-Jean abonde dans le même sens.

Selon Josée Brunet, choisir Magpie (qui fait partie de Rivière-Saint-Jean) donnerait un sérieux coup de pouce à l'économie.

De toute manière, note-t-elle, les touristes iront quand même à Havre-Saint-Pierre pour profiter, entre autres, de la Réserve de parc national de l'Archipel-de-Mingan ou vers Natashquan.

Ainsi, croit-elle, les touristes qui débarquent dans la baie de Magpie passeraient par son village, mais traverseraient aussi Longue-Pointe-de-Mingan et la communauté innue d'Ekuanitshit. Bref, dit Josée Brunet, l'ensemble de la MRC de la Minganie profiterait des retombées.

Grande-Vallée et Magpie, en ligne droite avec Port-Menier

Choisir Magpie et Grande-Vallée pourrait cependant engendrer des dépenses plus importantes en infrastructures.

Rivière-au-Renard et Havre-Saint-Pierre possèdent des ports importants et en bon état. À Magpie, il faudrait même construire un quai, mais la mairesse demande à Québec de voir à long terme.

« Plus le bateau fait des kilomètres, plus ça coûte cher en frais de fonctionnement annuellement, même si on doit avoir un investissement plus important au départ, le gouvernement va le regagner au fil du temps », dit Josée Brunet.

Pour sa part, le maire de Grande-Vallée dit que sa municipalité est en train d'évaluer les coûts pour aménager une passerelle sur le quai existant. Noël Richard estime lui aussi que le traversier dépenserait moins de carburant s'il ralliait Anticosti à Grande-Vallée, au lieu de Rivière-au-Renard.

Tous les scénarios sont sur la table

La Société du plan Nord dit étudier toutes les options. Elle doit soumettre ses recommandations finales au gouvernement du Québec d'ici la fin de l'année.

Rappelons que des gens d'affaires de la Côte-Nord ont réclamé l'automne dernier que la Gaspésie soit exclue du projet.

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