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Trois espaces verts agrandis très bientôt sur l’île de Montréal

L'administration Plante doit confirmer dans les prochains jours l'agrandissement de trois espaces verts, incluant d'ici 48 heures le parc-nature de l'Anse-à-l'Orme, dans Pierrefonds-Roxboro, et celui du Bois-d'Anjou, dans l'est. La troisième confirmation suivra un peu plus tard. Des annonces qui surviennent sur fond de bisbille entre maires d'arrondissement.

Un texte de Bernard Barbeau

La mairesse Valérie Plante a mentionné les deux parcs-nature mercredi matin lors de la réunion du comité exécutif de la Ville de Montréal.

« Pourquoi on parle de l’agrandissement des parcs-nature? Je vous ai parlé de la qualité de vie, mais il ne faut pas oublier qu’on a une volonté de protéger 10 % de la superficie terrestre du territoire de l’agglomération de Montréal », a déclaré Mme Plante.

C’est le responsable des grands parcs au comité exécutif, Luc Ferrandez, qui a indiqué en mêlée de presse qu’un « troisième » projet serait annoncé très prochainement, sans vouloir donner plus de détails.

« Il va y avoir beaucoup d’annonces qui vont s’en venir pour les espaces verts dans les prochains mois », a-t-il aussi dit.

M. Ferrandez a l'intention de transformer le secteur de Pierrefonds-Ouest en l'un des plus grands parcs urbains au monde. « C’est une vision extrêmement enthousiasmante, a-t-il lancé. C’est quelque chose qui va donner l’exemple au reste de la planète, parce que ça va être à la fois une zone de conservation, une zone d’usages différents. [...] C’est exceptionnel ce qu’on est en train de prévoir pour l’ouest, mais ça va se faire de façon progressive. »

Le secteur Pierrefonds-Ouest fait l'objet d'un débat depuis quelques années entre les partisans d'espaces verts et les partisans d'un développement immobilier.

Quant au Bois-d'Anjou, il s'agit d'un parc-nature voisin du Club de golf Métropolitain Anjou, mais où aucun sentier n’a encore été aménagé pour les visiteurs. Le Conseil régional de l’environnement de Montréal souhaite que le Bois-d'Anjou et le terrain de golf soient réunis pour former le Grand Parc de l’Est.

La Ville songe entre autres à créer des corridors de verdure avec des terrains de part et d'autre de l'autoroute 40. Le terrain de golf voisin pourrait effectivement être converti en tout ou en partie en parc-nature selon les documents présentés au comité exécutif.

De la résistance à la mairie d'Anjou

Le maire de l'arrondissement d'Anjou, Luis Miranda, qui n’est de toute évidence pas d’accord avec ces projets, regrette de ne pas avoir été consulté.

Il s'en est pris en entrevue à Luc Ferrandez, avec une certaine virulence.

Certains terrains du secteur ont un taux de contamination trop élevé pour en faire un parc-nature, affirme M. Miranda.

Luc Ferrandez, qui est aussi maire de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, a qualifié de « prématurée » la sortie de Luis Miranda.

« Il n’y a rien qui va être fait dans l’est sans consulter l’est, a-t-il assuré. Il y a une chambre de commerce, il y a des acteurs intéressés… On va consulter les gens sur différents scénarios. »

Un changement de zonage qui dérange

M. Ferrandez a néanmoins reproché à l’arrondissement d’Anjou d’avoir adopté un changement de zonage pour permettre d’établir « une grande surface commerciale avec vente d’essence » sur un espace actuellement vert, soit la partie sud du Club de golf Métropolitain Anjou.

« Notre préférence, évidemment, c’est de conserver ce qui est vert », a tout de même insisté Luc Ferrandez.

Il a noté que, de toute façon, la Ville doit procéder par étapes et que le règlement adopté mercredi par le comité exécutif « ne détermine pas exactement ce qui va se produire. Ça nous donne le droit d’étudier plusieurs scénarios. »

« Alors, ça peut être un scénario où on fait un parc, où on agrandit le parc sur une partie du territoire, sur la totalité du territoire. Ça peut être un droit de passage; on pourrait négocier avec les propriétaires actuels un droit de passage pour faire un corridor vert. Ça pourrait vouloir dire qu’on va faire dans le futur des réserves foncières, du changement de zonage », a-t-il énuméré.

Avec des informations de Benoît Chapdelaine et Julie Marceau

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