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Trudeau a été victime d'« efforts coordonnés de désinformation » en Inde, répète un conseiller

Son témoignage était très attendu, depuis qu'on sait qu'un extrémiste sikh a été invité à une réception officielle de Justin Trudeau en Inde. Devant un comité parlementaire, à Ottawa, Daniel Jean, conseiller à la sécurité nationale du premier ministre, a répété qu'il y a eu des « efforts coordonnés » pour nuire à l'image du Canada. Mais le mystère plane toujours sur les responsables de ces efforts.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

M. Trudeau a beau être en Europe ces jours-ci, sur la colline du Parlement, c’est son voyage en Inde qui continue d’attirer l’attention.

Le 21 février, l’invitation à une réception officielle de Jaspal Atwal, un homme condamné pour avoir tenté d’assassiner un ministre indien, a fait les manchettes au Canada, mais aussi en Inde.

C’est un député libéral qui avait invité M. Atwal.

Si son nom a finalement été retiré de la liste des invités pour cette réception à New Delhi, Jaspal Atwal a toutefois pris part à un autre événement plus tôt pendant le voyage, celui-là à Mumbai.

Pour calmer le jeu, le 22 février, le conseiller à la sécurité nationale a tenu une séance d’information auprès de certains journalistes canadiens.

Devant les députés, lundi, il a affirmé que le but de cette séance était de « rétablir les faits ».

Daniel Jean a entre autres fait référence à des articles avançant que les agences de sécurité canadiennes étaient au courant de l’invitation de M. Atwal bien avant que ne se déroule l’événement.

Pendant son témoignage, le conseiller à la sécurité nationale a assuré que les autorités n'en ont été informées que le jour même de la réception.

Il a ajouté que les vérifications des agences canadiennes de renseignement ont démontré que M. Atwal n’était plus sur la « liste noire » indienne et qu’il n’était donc plus considéré comme une menace par New Delhi.

À qui la faute?

N’empêche, les nouvelles de l’invitation à cette réception et de la présence de Jaspal Atwal à un autre événement ont été mal perçues en Inde.

Si M. Jean a répété qu’il y a eu une volonté de nuire à la relation entre Ottawa et New Delhi en faisant circuler « de fausses informations », il ne montre du doigt aucun responsable en particulier.

Après sa séance d’information auprès des journalistes, en février, une théorie selon laquelle certains éléments au sein du gouvernement indien auraient pu avoir un rôle à jouer a circulé.

Devant les députés, M. Jean a affirmé n’avoir jamais avancé une telle théorie.

Face aux questions répétées des élus, il a assuré avoir dit qu’il pouvait s’agir d’individus, et que s’ils font partie du gouvernement indien, ils n’ont pas agi avec l’aval de New Delhi. Le gouvernement indien n'est pas responsable, selon M. Jean.

Les conservateurs accusent le premier ministre Trudeau d’avoir lui-même contribué à alimenter cette théorie impliquant le gouvernement indien, puisqu’il ne l’a pas niée à la Chambre des communes.

Un témoignage réclamé depuis longtemps

Depuis le voyage en Inde, l'opposition conservatrice a multiplié les efforts en Chambre, incluant le dépôt de nombreuses motions, pour forcer la main aux libéraux et faire en sorte que le conseiller à la sécurité nationale réponde aux questions des élus.

Les libéraux ont longtemps refusé de se plier aux demandes de l'opposition.

Au début du mois, Daniel Jean a finalement offert de témoigner devant le Comité permanent de la sécurité publique et nationale.

Le conseiller à la Sécurité nationale doit aussi rencontrer le chef de l'Opposition officielle, Andrew Scheer, dans le cadre d'une séance d’information, qui, contrairement au témoignage devant les députés, comportera des informations classifiées.

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