Le premier ministre Justin Trudeau s'est envolé dimanche après-midi pour le Japon afin de participer au Sommet des dirigeants du G7, à Ise-Shima, où il abordera la délicate question du paiement des rançons pour les otages.

CBC, le réseau anglais de Radio-Canada, a appris que M. Trudeau et son homologue britannique David Cameron profiteront de la réunion, qui se déroulera jeudi et vendredi, pour discuter du fait que certains pays acceptent de payer ce type de rançons.

Le mois dernier, le premier ministre avait déclaré que le Canada ne paierait jamais de rançons pour des otages canadiens détenus à l'étranger - une déclaration faisant suite à l'exécution d'un otage canadien aux Philippines.

Le Canada et la Grande-Bretagne s'entendent pour dire que le versement de rançons finance les groupes terroristes et encourage les enlèvements.

Les États-Unis ont déjà déclaré qu'ils s'opposaient eux aussi au paiement de rançons pour des otages détenus à l'étranger.

Le premier ministre Trudeau profitera aussi de son voyage au Japon pour rencontrer de hauts dirigeants japonais, dont son homologue Shinzo Abe et l'empereur Akihito.

M. Trudeau discutera des façons de promouvoir davantage le commerce et l'investissement entre le Canada et le Japon, notamment dans le secteur de l'automobile. Des rencontres sont d'ailleurs prévues avec les dirigeants d'Honda et de Toyota.

L'un des objectifs principaux de la visite de M. Trudeau sera d'encourager l'industrie automobile japonaise à investir davantage au Canada et à conserver ses usines implantées au pays.

Dans sa rencontre avec M. Abe, le premier ministre prévoit discuter du Partenariat transpacifique, de coopération en matière de sécurité, d'éducation, et de l'Arctique, étant donné la proximité relative du Japon.

Renforcer les liens avec le Japon

La relation entre le Canada et le Japon est généralement harmonieuse, mais plusieurs points restent à améliorer.

Kenjiro Monji, l'ambassadeur japonais à Ottawa a rappelé qu'il y a moins de 15 ans, son pays était le deuxième partenaire commercial du Canada après les États-Unis. Mais depuis 2002, le commerce a ralenti considérablement entre les deux pays, a-t-il souligné.

En 2009, le Japon avait chuté au cinquième rang, se faisant doubler par la Chine, le Mexique et le Royaume-Uni.

Selon l'ambassadeur, cette diminution des échanges s'explique par deux décennies de récession au Japon, l'essor économique de la Chine, et l'émergence des ententes commerciales du Canada avec d'autres pays, comme l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

Exportation de gaz naturel canadien 

M. Monji croit que le commerce entre les deux pays pourrait être renforcé par la présence de gaz naturel liquéfié au Canada, une ressource dont le Japon a grand besoin.

Le Japon, le plus grand acheteur de gaz naturel liquéfié dans le monde, espère que le Canada accordera les permis environnementaux nécessaires pour permettre aux entreprises de l'exporter à partir de la Colombie-Britannique.

La première ministre de la Colombie-Britannique, Christy Clark, a récemment dit qu'il était temps de passer à l'action étant donné que le processus d'approbation a commencé il y a plus de trois ans.

« Le Canada est l'un de nos exportateurs potentiels les plus prometteurs au Japon parce que... le gaz naturel liquéfié représente encore une partie très importante de notre politique énergétique », a soutenu M. Monji, qui a rappelé que son pays était impliqué dans plusieurs projets liés à cette ressource au Canada.

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