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Trudeau critiqué pour ses hésitations sur la réforme du mode de scrutin

Le premier ministre Justin Trudeau a été la cible des critiques de l'opposition après avoir laissé entendre qu'il ne garantissait plus une réforme électorale d'envergure.

Malgré sa promesse que les élections de 2015 seraient les dernières menées selon le mode de scrutin uninominal à un tour, le chef du Parti libéral du Canada a soutenu en entrevue avec Le Devoir que cette réforme serait désormais conditionnelle à un « large appui » de la population canadienne.

Pour qu'il y ait une réforme, « il faut que les gens soient ouverts à ça », explique-t-il dans cette entrevue.

L'opposition a rapidement réagi pour dénoncer ce changement de discours à l'argumentaire « farfelu », selon le député conservateur Gérard Deltell.

À la période de questions aux Communes, le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, lui a demandé si, oui ou non, il avait l'intention de maintenir sa promesse sur la réforme électorale. M. Trudeau lui a alors signalé qu'un comité avait été créé sur cet enjeu et que les libéraux allaient être « très attentifs » à ses conclusions.

« M. Trudeau est en train d'envoyer des signaux que le système actuel n'est pas si mal, puisqu'il a été élu avec ce système-là. Il est fort à parier que peu de choses changeront », a déclaré M. Mulcair.

Le chef intérimaire du Bloc québécois, Rhéal Fortin, a critiqué l'attitude du premier ministre, comme si le fait qu'il ait remplacé Stephen Harper suffisait comme réforme démocratique.

Le député conservateur Michael Cooper est pour sa part d'avis que les libéraux ont « peut-être enfin compris le message ». Les conservateurs martèlent que pour qu'il y ait réforme électorale, le gouvernement devrait soumettre la question à la population par référendum.

La chef intérimaire du Parti conservateur, Rona Ambrose, a quant à elle souligné « un réel changement » de position du Justin Trudeau.

Un changement à petite échelle

Sans renier tout projet de réforme, M. Trudeau suggère un changement à plus petite échelle. Mais ces pistes demeurent abstraites. Fidèle à ses habitudes, le premier ministre tient à consulter la population avant de se prononcer.

La ministre des Institutions démocratiques, Maryam Monsef, participe à une tournée nationale de consultations publiques à ce sujet, qui l'a menée récemment en Atlantique.

En mai dernier, Mme Monsef a annoncé la création d'un comité parlementaire spécial, chargé d'étudier les différentes options de réforme - le vote proportionnel, le vote préférentiel - ou de s'en tenir au statu quo. Le rapport doit être remis au Parlement d'ici le 1er décembre 2016.

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