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Trudeau défend l’ALENA devant des chefs d’entreprises à Davos

Même en Suisse, à 6000 km d'Ottawa, Justin Trudeau n'a d'autre choix que de mettre la renégociation de l'ALENA au sommet de ses priorités. Si les compagnies américaines semblent se ranger derrière lui, la partie reste loin d'être gagnée avec l'administration de Donald Trump.

Un texte de Fannie Olivier, envoyée spéciale à Davos

En marge du Forum économique de Davos, le premier ministre a invité une dizaine de chefs de grandes entreprises américaines à une table ronde. Les dirigeants de Walmart, de Dow Chemical, de BlackRock, ainsi que le chef de la direction de la Bourse de New York étaient notamment présents à cette rencontre d'une trentaine de minutes, qui s'est tenue derrière des portes closes.

« On a parlé du fait qu'il y a tellement d'emplois au Canada, aux États-Unis, de gens, de familles qui dépendent du commerce entre nos deux pays », a signalé Justin Trudeau à la sortie de la rencontre.

À ses yeux, c'est important « de passer le message à l'administration américaine » que l'ALENA est « une bonne chose ».

Le conseiller économique du gouvernement Dominic Barton a lui aussi demandé aux chefs d'entreprises de relayer le message quand ils rentreront aux États-Unis. Il estime important d'entendre différentes voix se prononcer en faveur de l'accord, « pas seulement issues du Canada, mais aussi des États-Unis ».

Le président du service de messagerie UPS, David Abney, semblait déjà sensibilisé. « Nous croyons qu'il existe une solution qui sera gagnante pour tous », a-t-il affirmé après la réunion.

Convaincre l'administration américaine risque d'être une autre paire de manche.

Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, a d'ailleurs affirmé que le discours qu'a prononcé Justin Trudeau mardi à Davos était conçu pour mettre de la pression sur les États-Unis dans le cadre des négociations de l’ALENA.

Lors de ce discours, le premier ministre a salué l’entente de principe en vue d'une nouvelle mouture du PTP et a affirmé qu’il « travaillait très fort » pour convaincre le président Donald Trump des mérites de l’ALENA.

Interrogé en marge du forum, le ministre canadien des Finances, Bill Morneau, a pris la critique de Wilbur Ross avec un grain de sel et assuré qu'elle ne témoignait pas d'une escalade verbale entre le gouvernement Trudeau et l'administration Trump.

« Il y a toujours des choses difficiles dans une négociation. Ça c'est normal », a-t-il insisté.

Donald Trump arrivera à Davos jeudi pour y promouvoir entre autres son programme « Les États-Unis d'abord » - en contradiction avec l'esprit de Davos - où les participants cherchent normalement à faire tomber les barrières au commerce. Mais Justin Trudeau n'aura pas à confronter les vues du président, puisqu'aucune rencontre entre les deux hommes politiques n'est prévue et que le premier ministre quittera Davos avant le discours de M. Trump.

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