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Trudeau déterminé à recevoir 25 000 réfugiés syriens d'ici le 1er janvier

Même si de nombreux observateurs doutent de la capacité du Canada d'accueillir 25 000 réfugiés syriens d'ici le 1er janvier 2016, Justin Trudeau garde le cap sur l'ambitieux objectif que s'est fixé le Parti libéral du Canada lors de la campagne électorale qu'il a remportée le 19 octobre.

Dans une grande entrevue accordée jeudi à Céline Galipeau, le nouveau premier ministre s'est montré déterminé à remplir sa promesse en l'espace de deux mois.

Non seulement M. Trudeau veut-il accueillir ces réfugiés, mais il souhaite aussi « leur donner une capacité de réussite pour leurs familles, pour la communauté, pour le pays, de contribuer comme toutes les vagues d'immigrants et de réfugiés antérieures ont pu le faire ».

Le premier ministre assermenté mercredi admet que la réussite du projet exigera « une approche de plusieurs ministères » ainsi que « des partenariats avec les provinces [et] avec les municipalités ».

Conscient des réticences de certains Canadiens quant à un afflux important de réfugiés sur une courte période, M. Trudeau accuse le gouvernement précédent d'avoir instauré un climat de peur dans la population. « On a des adversaires qui ont misé sur cette inquiétude-là, déplore-t-il. Mais les Canadiens ont fait un autre choix. Ils ont fait le choix de donner un mandat d'ouverture, de responsabilité, d'un Canada qui se réengage de façon robuste sur la scène internationale. »

La question des réfugiés sera au coeur de la prochaine réunion du G20, qui se déroulera à Antalya, en Turquie, les 15 et 16 novembre, soit dans une dizaine de jours.

Le fédéral viendra-t-il en aide à Bombardier?

Questionné sur l'aide à apporter à Bombardier, qui a récemment reçu un important soutien financier du gouvernement québécois, le nouveau premier ministre du Canada a préféré ne pas prendre position pour l'instant, se contentant de dire que le ministre responsable étudierait la question.

« Je n'ouvre et je ne ferme pas de portes », a-t-il répondu, précisant que la décision serait prise non pas en fonction d'« intérêts politiques », mais « sur la base de l'intérêt du Canada, des Canadiens et de notre économie ».

« Pour moi, ce n'est pas juste le premier ministre qui doit décider, c'est le Conseil des ministres au complet », a-t-il affirmé, ajoutant que la décision serait prise après des discussions « basées sur les faits, basées sur la réalité économique, basées sur les recommandations d'experts ».

Préparer la COP21

Sur la délicate question du réchauffement climatique, Justin Trudeau a mentionné qu'il entendait rencontrer bientôt ses homologues provinciaux pour préparer la prochaine conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP21), qui s'ouvrira dans moins d'un mois, à Paris.

Il a également confirmé que les premiers ministres des provinces et les maires de grandes villes canadiennes feraient partie de la délégation officielle.

Preuve que la question figure désormais parmi les priorités du gouvernement canadien, M. Trudeau a rappelé que la ministre Catherine McKenna portait maintenant le titre de « ministre de l'Environnement et du changement climatique ».

Des ministres utilisés à leur plein potentiel

Revenant sur la composition du nouveau Conseil des ministres, Justin Trudeau a promis que ceux-ci ne seraient pas des faire-valoir.

« Ce sont des gens [...] qui ont des idées, qui ont une approche qui va les amener à ne pas être simplement porte-parole pour leur ministère - ce qu'on a vu pendant plusieurs années -, mais qui vont être des décideurs », a-t-il déclaré.

Bon nombre d'entre eux sont pourtant néophytes en politique, n'ayant jamais siégé à la Chambre des communes. Leur présence au Cabinet ne risque-t-elle pas de mettre rapidement le gouvernement dans l'embarras?

« L'important avec les erreurs - on espère ne pas en faire, mais on sait très bien qu'on va en faire -, c'est de reconnaître l'erreur, d'offrir des excuses et ensuite de [les] réparer et de [les] prendre au sérieux, croit Justin Trudeau. C'est ce à quoi les gens s'attendent d'un voisin, d'un ami ou d'un gouvernement. »

Conciliation travail-famille

Père de trois enfants, Justin Trudeau est conscient des défis qui attendent sa famille. Ayant lui-même grandi au 24 Sussex, il est résolu à remplir ses fonctions politiques et familiales sans décevoir personne.

« Il faut des limites, juge-t-il. Il faut savoir que quand je suis avec les enfants, je mets de côté le téléphone, je mets de côté les dossiers et je suis présent avec eux, pas en train de penser : "Ah, c'est vrai, il faut que je parle au premier ministre de la France plus tard!" Je ne pense pas à ça. Je pense à mes enfants. »

Selon lui, la conciliation travail-famille est essentielle pour tous les députés qui ont des enfants. « Parce qu'on ne sert pas nos concitoyens en dépit du fait que nous sommes parents, mais bien à cause du fait que nous sommes parents. Nous voulons bâtir un meilleur monde pour nos enfants, pour tous les enfants canadiens, et de rester ancré dans nos priorités personnelles et familiales, ça nous permet d'être meilleurs en tant que leaders », conclut-il.

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