Retour

Trudeau dit non à Québec et insiste : la culture du cannabis à domicile sera permise

Le premier ministre Justin Trudeau continue d'affirmer que les Canadiens pourront faire pousser jusqu'à quatre plants de cannabis à domicile lorsque la substance sera légale au pays.

En conférence de presse avec le premier ministre portugais Antonio Costa, en visite au Canada, le premier ministre a répété qu’il considérait cette approche comme « la bonne », bien que certaines provinces, comme le Québec et le Manitoba, désirent avoir le droit de l’interdire.

Cette déclaration fait suite à une décision du Comité sénatorial des affaires juridiques, qui s'est entendu à l'unanimité mardi pour recommander une modification au projet de loi C-45 sur la légalisation du cannabis. Le comité souhaite affirmer le pouvoir des provinces de « prohiber » la culture du cannabis à domicile, proposition qui doit maintenant être débattue entre tous les membres du Sénat.

Pour Justin Trudeau toutefois, cette interdiction n’a pas raison d’être, puisque la décision du gouvernement de permettre la culture d’un nombre limité de plants de cannabis « est basée sur des faits, sur des données, sur des recommandations d’experts, pour créer un système qui va fonctionner ».

« Notre approche été créée dans l’intérêt des Canadiens », a-t-il fait valoir.

Trudeau contre la décriminalisation de toutes les drogues

Par ailleurs, le premier ministre rejette totalement l’idée de décriminaliser complètement toutes les drogues, comme l’a fait le Portugal en 2001, avec de bons résultats.

« Pour l’instant, ce n’est aucunement dans les plans du Canada de procéder à la décriminalisation de toutes les drogues. On est concentrés sur la légalisation et le contrôle de la marijuana », a-t-il déclaré.

Justin Trudeau dit toujours vouloir légaliser la drogue au cours de l’été.

Il s’oppose ainsi au Comité sénatorial des peuples autochtones, qui a de son côté recommandé mardi d’adopter un amendement pour « retarder d'au plus un an » l'entrée en vigueur du projet de loi C-45, afin de permettre aux communautés autochtones de négocier une entente avec le gouvernement sur la question.

Le comité recommande que le ministère de la Santé réserve au moins 20 % des permis de production de cannabis aux producteurs établis « sur les terres relevant de gouvernements autochtones ou leur appartenant ». Il pense de plus qu'un sursis permettrait aux communautés autochtones de négocier une entente avec le gouvernement sur le partage de la taxe d'accise sur le cannabis, qui doit pour le moment aller à 75 % à Ottawa et à 25 % aux provinces.

Le projet de loi C-45 est toujours à l'étape de l'étude en comité au Sénat, qui doit tenir un vote final sur l’acceptation de celui-ci le 7 juin. Si les sénateurs apportent des amendements au projet de loi, le texte devra être présenté de nouveau à la Chambre des communes pour assentiment. Des amendements peuvent être proposés par les deux chambres jusqu'à ce qu'il y ait entente.

Québec s'attend à un « fédéralisme d'ouverture »

« On ne ve pas prendre l'argent des citoyens pour s'interpeller. Moi je pense qu'on est capables de comprendre que les Québécois ont demandé d'être plus restrictifs pour le départ », a déclaré la ministre déléguée à la Santé publique du Québec, Lucie Charlebois, après la conférence de presse de M. Trudeau.

« M. Trudeau devrait respecter nos compétences à nous et les choix qui en découlent, et respecter son propre Sénat, qui a entrepris un travail important sur cette question », a-t-elle ajouté dans une déclaration écrite transmise par son bureau.

À Ottawa, l'opposition a également demandé au gouvernement libéral d'écouter les provinces.

« Les provinces ont raison de dire qu'elles ont leur mot à dire là-dessus. Ce n'est pas vrai que le fédéral va décider de tout tout seul », a lancé le député néo-démocrate Alexandre Boulerice en point de presse dans le foyer de la Chambre des communes.

« Le gouvernement du Québec est très clair. Ça relève de la province, et ils ont le pouvoir de l'appliquer. M. Trudeau dit le contraire. On s'en va vers une chicane constitutionnelle », a déploré de son côté le député conservateur Gérard Deltell.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Bataille entre un criquet et une guêpe: qui gagnera?





Rabais de la semaine