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Trudeau écorche Kellie Leitch pour justifier l'abandon de la réforme du mode de scrutin

Le premier ministre Justin Trudeau soutient avoir abandonné sa réforme du mode de scrutin pour éviter notamment que des voix marginales ne détiennent la balance du pouvoir au Parlement, en citant en exemple la candidate à la direction du Parti conservateur Kellie Leitch.

Ces propos, qui constituent un rare commentaire sur la course en cours pour diriger l’opposition officielle à Ottawa, ont été captés jeudi par le micro de l’équipe journalistique chargée d’accompagner le premier ministre dans une visite à Iqaluit, au nom d’un regroupement de réseaux de télévision.

M. Trudeau avait été abordé par une femme qui était en désaccord avec sa décision de saborder cette réforme, promise lors de sa campagne électorale, puis réitérée lors du discours du Trône. Il lui répliquait qu’un système électoral reposant sur une représentation proportionnelle serait « mauvais » pour le pays.

Lorsque la femme lui a répondu qu’elle n’était pas d’accord avec lui, le premier ministre a évoqué le cas de Mme Leitch, qui défend l’idée de filtrer les immigrants potentiels et les réfugiés avec un test visant à détecter des « valeurs anticanadiennes ».

« Croyez-vous que Kellie Leitch devrait avoir son propre parti? » lui a-t-il lancé.

Si vous avez un parti qui représente les voix marginales […] et qui détient 10, 15, 20 sièges à la Chambre [des Communes], ils finissent par détenir la balance du pouvoir.

Justin Trudeau

La femme a dit que le cas de Mme Leitch n'avait rien à voir avec cela, mais M. Trudeau a insisté que ce n’était pas le cas.

« La force de notre démocratie, c’est que nous devons attirer les gens dans les grands partis représentant la diversité du Canada, et apprendre à s’entendre », a encore dit le premier ministre.

M. Trudeau a convenu que des améliorations auraient pu être apportées au système de scrutin uninominal majoritaire à un tour, utilisé au Canada, mais a répété que la représentation proportionnelle n’était pas la solution. Or, le Nouveau Parti démocratique y tenait absolument, a-t-il souligné.

Pas de consensus

En expliquant sa décision d’abandonner sa réforme à la Chambre des communes le 1er février, M. Trudeau avait également évoqué les importantes différences d’opinions parmi les partis politiques.

« Je préfère depuis longtemps le mode de scrutin préférentiel. Les membres [du NPD] qui s’y opposaient voulaient la représentation proportionnelle, tandis que l’opposition officielle [le Parti conservateur] voulait un référendum. »

« Il n’y a pas de consensus » avait-il ajouté. « Et, très franchement, un référendum qui nous diviserait, une augmentation des voix extrémistes à la Chambre des communes, n’est pas dans le meilleur intérêt du Canada. »

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