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Trudeau garde le cap, malgré les critiques de Trump

Donald Trump a beau avoir haussé le ton envers le Canada, le premier ministre Justin Trudeau ne modifiera pas sa stratégie.

Lors d'un point de presse en compagnie du premier ministre italien, Paolo Gentiloni, M. Trudeau a affirmé vendredi qu'il continuerait de défendre les intérêts commerciaux canadiens « de façon respectueuse et collaborative. »

« Évidemment, entre pays amis et alliés [...], il va y avoir des enjeux qui vont être soulevés de temps en temps qui vont exiger un peu plus de discussion et de négociation », a reconnu Justin Trudeau.

Jeudi, le président américain a accusé le Canada de profiter des États-Unis dans les domaines des produits laitiers, du bois d'oeuvre et de l'énergie. Il s'agissait de son attaque la plus virulente jusqu'ici.

« Nous ne pouvons pas laisser le Canada ou qui que ce soit d'autre profiter de la situation et faire ce qu'il a fait à nos travailleurs et à nos fermiers », a lancé M. Trump dans le bureau ovale.

« Nous devrons nous asseoir à la table des négociations avec le Canada très, très rapidement », a-t-il ajouté.

Justin Trudeau a dit vendredi qu'il allait continuer de soutenir les agriculteurs.

Le premier ministre italien, en visite à Ottawa, a vanté l'accord commercial entre le Canada et l'Union européenne, qu'il voit comme une façon d'effacer les divisions sur le libre-échange.

Lors de leur rencontre, les deux leaders ont également discuté de changements climatiques, d'égalité homme-femme et du prochain sommet du G7 qui se déroulera en Italie à la fin du mois de mai.

Offensive canadienne

Les ministres du gouvernement Trudeau multiplient les voyages aux États-Unis depuis l'élection du président Trump pour souligner l'apport du Canada à l'économie américaine.

Le ministre des Transports, Marc Garneau, revient d'ailleurs vendredi d'un court séjour en Floride, où il a rencontré le gouverneur de cet État, Rick Scott, l'ex-gouverneur Jeb Bush et Charlie Crist, membre de la Chambre des représentants.

Cette opération séduction vise à sensibiliser ces acteurs politiques aux conséquences négatives que pourraient avoir chez eux le décret présidentiel « Acheter américain, embaucher américain », signé mardi, et l'imposition éventuelle d'une taxe frontalière sur les importations.

« C'est important que tout le monde comprenne qu'il y a des enjeux qui vont bien au-delà d'une politique établie à Washington et que ça va avoir un effet sur l'étendue du territoire américain », a expliqué Marc Garneau.

Il a ajouté que sur les 50 États américains, 35 exportent principalement au Canada, et que plus de 300 entreprises canadiennes en Floride créent des dizaines de milliers d'emplois directs.

« Toutes les personnes que j'ai rencontrées comprennent extrêmement bien l'importance de la relation entre le Canada et l'État de la Floride, a relaté Marc Garneau. C'est bien sûr à eux de décider comment ils vont utiliser cette information-là, mais j'ai trouvé beaucoup d'oreilles sympathiques. »

D'autres ministres du gouvernement Trudeau ont voyagé aux États-Unis cette semaine. C'est le cas de la ministre de l'Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna, qui était en Californie jeudi, et de Bill Morneau, qui participait à la rencontre des ministres des Finances et des gouverneurs de banques centrales des pays du G20 à Washington.

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