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Trudeau promet d'aider Toronto à faire face à l'augmentation de demandeurs d'asile

Après avoir discuté d'immigration avec le premier ministre ontarien, Doug Ford, jeudi, Justin Trudeau a abordé cette question avec le maire de Toronto, John Tory, qu'il a promis d'aider, vendredi matin. Ce dernier demande l'aide de la province et du fédéral pour faire face à l'augmentation des demandes et à un réseau de refuges au maximum de sa capacité, selon lui.

Justin Trudeau a réaffirmé qu'il allait continuer à soutenir Toronto, qui accueille un nombre grandissant de demandeurs d’asile et de réfugiés.

Les deux hommes se sont rencontrés rapidement vendredi à l'hôtel de ville de Toronto. Le maire Tory a fait savoir qu’il avait tenu une conférence téléphonique avec d’autres maires de villes ontariennes concernant les réfugiés. Il a déclaré que les municipalités avaient offert d'aider à gérer cet afflux, qui a causé une crise du logement dans la ville.

Selon M. Tory, de nombreux maires de la province lui ont par ailleurs mentionné qu'ils avaient des emplois disponibles pour les demandeurs d'asile.

Le maire a dit être satisfait de la réponse de M. Trudeau et de l'aide offerte en matière de logement et d'emploi.

Le gouvernement fédéral s'est récemment engagé à donner à l'Ontario, au Québec et au Manitoba 50 millions de dollars pour les aider à payer les coûts liés à l'afflux de demandeurs d'asile qui traversent la frontière canado-américaine de manière irrégulière.

L'Ontario devrait recevoir 11 millions de dollars du gouvernement fédéral, mais le maire de Toronto, John Tory, a affirmé que la Ville avait besoin à elle seule de 64 millions de dollars.

Selon un rapport de la Ville, le nombre de réfugiés et de demandeurs d'asile dans les refuges a atteint 3209 personnes le mois dernier, soit sept fois plus qu'en 2016.

Vendredi, M. Trudeau n'a pas fait d'annonce quant à du financement supplémentaire.

Rencontre entre Ford et Trudeau

Jeudi, Doug Ford a reproché à la politique d'accueil des migrants d'Ottawa d'imposer une pression sur les ressources locales et provinciales.

Après cette rencontre, Justin Trudeau a affirmé que le premier ministre ontarien n'avait peut-être pas une bonne compréhension des obligations internationales du Canada en ce qui concerne les réfugiés.

La ministre des Services à l'enfance, des collectivités et des Services sociaux, Lisa MacLeod, a pour sa part laissé entendre dans ses commentaires aux journalistes que la rhétorique de M. Trudeau avait incité les réfugiés à tenter de passer illégalement la frontière.

[Trudeau] a été celui qui a dit dans un message Twitter que tout le monde était le bienvenu ici, et comme résultat des milliers de personnes ont traversé la frontière illégalement, ce qui met à rude épreuve plusieurs de nos ressources publiques, a-t-elle déclaré.

Lors d'une conférence de presse à Queen's Park vendredi matin, peu de temps après la rencontre entre M. Trudeau et M. Tory, la ministre a réitéré ses propos, considérant qu'il s'agissait d'« une crise » et que le gouvernement libéral ne prenait pas les mesures adéquates pour aider l'Ontario.

Trudeau défend son message

Lors d'une entrevue à l'émission Metro Morning, sur les ondes de CBC, à Toronto, vendredi matin, M. Trudeau a rappelé que chaque personne qui traversait la frontière devait se plier à tout un processus et une série de mesures bureaucratiques avant d'obtenir un visa et, selon les circonstances, le statut de réfugié.

Il a aussi souligné que toute tentative de traverser la frontière canadienne demeurait illégale et que les personnes qui le feraient « [seraient] renvoyées chez elles ».

Mais il a insisté sur le fait que son message sur Twitter visait à rappeler que le Canada avait un système d'immigration pour accueillir ceux qui fuient leur pays en guerre. « La plupart des pays ont une obligation d'accueillir ces personnes », a-t-il dit, faisant référence aux valeurs canadiennes.

Des organismes inquiets

De leur côté, des intervenants qui travaillent auprès des migrants disent s'inquiéter des dernières déclarations de M. Ford sur l'immigration.

Jeudi, le porte-parole du premier ministre a par exemple affirmé que la province ne souhaitait plus payer pour l'hébergement des demandeurs d'asile. Dans une déclaration écrite, le bureau de Doug Ford précise ainsi qu'Ottawa devrait assumer la totalité des coûts engendrés par ceux qui traversent la frontière pour demander l'accueil au Canada.

Des défenseurs des migrants ont rappelé que les demandeurs d'asile avaient le droit de réclamer le statut de réfugié.

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