Bordel du système de paie Phénix, pont de Québec rouillé, omniprésence de l'anglais à Montréal : Justin Trudeau a eu l'occasion d'expliquer sa position sur de nombreux enjeux qui inquiètent les Québécois lors d'une assemblée publique tenue à Québec, devant quelque 900 auditeurs majoritairement conquis par les réponses du premier ministre.

Un texte d’Alain Rochefort

C’était une première dans le cadre de la tournée provinciale de Justin Trudeau. En visite dans la capitale, le premier ministre choisissait au hasard un interlocuteur dans le gymnase de l’École secondaire de Rochebelle. L’heureux élu avait l’occasion de lui poser une question, parfois délicate.

C’est le cas d’une fonctionnaire au ministère de l’Environnement, à Québec. Elle a vertement critiqué le « bordel » du système de paie Phénix. Depuis deux ans, elle a notamment occupé un poste à plusieurs reprises pour lequel elle n’a jamais été payée et a eu « un trop payé » pour un autre poste.

« On devrait pouvoir régler votre cas dans les semaines et les mois à venir, je l’espère. C’est un vrai problème qui arrive des fois dans les gouvernements. Ce n’est pas nous qui avons créé le problème, mais c’est nous allons le régler », a-t-il rétorqué.

Le pont de Québec

Un guide touristique a pour sa part exprimé sa honte lorsqu’il circule en dessous du pont de Québec avec des visiteurs.

« Je leur dis que c'est le plus long pont cantilever au monde, mais quand ils voient la rouille, ça ne va pas tout à fait ensemble. Ou est-ce qu'on en est rendu? » a-t-il demandé.

« On est là à la table en train de chercher une solution. Je sais que ça prend beaucoup de temps, mais ce sont des négociations en cours et à chaque fois que je viens à Québec, et je viens souvent, on me pose la question et la réponse est encore : on est encore en train de travailler là-dessus. Ce n’est pas quelque chose que le fédéral peut faire et va faire tout seul », a souligné Justin Trudeau.

L’anglais à Montréal

Le premier ministre a également admis que l’omniprésence de la langue anglaise à Montréal, notamment chez les commerçants, le préoccupe.

Pas que des amis

Si la majorité de la foule semblait gagnée d’avance aux réponses de Justin Trudeau, le premier ministre du Canada ne comptait pas que des admirateurs.

Six membres de Storm Alliance étaient entre autres sur place, arborant tuques et manteaux aux couleurs du groupe identitaire, en signe de défiance.

Vers la fin de la séance, un anglophone a brandi un drapeau canadien à l’envers sur lequel était dessinée une croix gammée avec les mots « Fig Leaf Evil Empire ».

« Merci monsieur, mais c’est un discours qui n’a pas sa place ici, a réagi Justin Trudeau. Mais c’est ça aussi la démocratie. »

Racisme

Questionné sur le racisme, Justin Trudeau a d’ailleurs appelé à la tolérance.

« Il y a des gens haineux et ignorants dans le monde. Il faut réaliser que c’est une petite proportion. La majorité silencieuse, elle est bonne. Il faut avoir confiance en ses convictions d’ouverture. Se découvrir en découvrant l’autre. C’est l’histoire du Canada! »

Ouverte à tous, la séance qui a duré 90 minutes a aussi donné lieu à quelques moments cocasses. Un jeune garçon nommé Sacha a par exemple demandé au premier ministre ce qu’il aimerait changer dans le monde, à part l’opinion des autres.

« Je voudrais que les gens à travers le monde adoptent un peu plus une approche canadienne à résoudre leur problème. De s'écouter, de se respecter, de prendre des décisions basées sur les faits », a répondu le politicien.

Avec les informations de Pascal Poinlane et Olivier Lemieux

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