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Trudeau s'adresse aux Québécois et aux progressistes

Après avoir lancé un appel aux conservateurs déçus, lundi, le chef du Parti libéral envoie maintenant des messages aux progressistes et aux Québécois.

En point de presse à Toronto, Justin Trudeau a été appelé à réagir à des propos tirés d'un livre à paraître de l'ex-ministre Jean-François Lisée, dans lequel celui-ci propose d'imposer un délai d'un an aux immigrants avant de leur permettre d'exercer leur droit de vote, surtout dans le contexte d'un autre référendum. Le chef libéral a minimisé l'importance d'une telle question au Québec, à l'heure actuelle.

« Les Québécois sont préoccupés par les mêmes enjeux que les gens à travers le pays », a soutenu M. Trudeau.

« Que les souverainistes soient en train d'encore une fois souligner la division, la peur, la peur de l'autre, est un exemple criant du fait qu'ils n'ont pas de plan, qu'ils n'ont pas de vision pour pouvoir bâtir une économie plus prospère, un pays plus fort », a martelé le chef libéral.

Lorsqu'une journaliste lui a fait remarquer qu'il utilisait, à propos des souverainistes, les mots « peur » et « division » comme il le fait pour son adversaire conservateur, M. Trudeau a déploré la stratégie utilisée dans un cas comme dans l'autre. « Je ne sais pas qui est en train d'emprunter de qui, mais que ce soit M. Harper en train de soulever la peur des immigrants, des femmes voilées, ou M. Duceppe en train de le faire, je trouve que c'est une distraction dans cette campagne de ce que les gens veulent entendre », a-t-il dit.

Une question de valeurs

Justin Trudeau croit que ses propositions correspondent aux valeurs des Québécois. Il souhaite que les électeurs de tout le pays les regardent aussi d'un oeil attentif. « Je ne vous demande pas de consulter les sondages, je vous demande de consulter notre plateforme [...] la plus progressiste depuis longtemps », a lancé le chef libéral.

M. Trudeau a aussi écarté toute possibilité qu'il puisse appuyer un éventuel gouvernement Harper réélu ou même s'abstenir de voter lors d'un discours du Trône.

« Je me suis lancé en politique parce que j'étais en désaccord avec la vision de Stephen Harper pour ce pays, a expliqué le chef libéral. Sous aucun prétexte, je ne pourrais l'appuyer ou me placer à l'écart pour lui permettre d'être premier ministre. »

Interrogé de nouveau au sujet d'une alliance possible avec son adversaire néo-démocrate Thomas Mulcair, Justin Trudeau a préféré rappeler ses promesses d'investir en infrastructures et de réduire le fardeau fiscal de la classe moyenne. Il s'est aussi attaqué à un exemple d'une mesure progressiste mise de l'avant par le NPD, celle de l'augmentation du salaire minimum au niveau fédéral, qui ne s'appliquerait qu'à une minorité de Canadiens.

« Les Canadiens n'ont pas besoin de symboles, ils ont besoin d'un plan qui met de l'argent dans leurs poches », a résumé M. Trudeau.

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