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Trudeau veut des employeurs plus conciliants et des congés parentaux plus flexibles

Le chef du Parti libéral a fait des promesses destinées à améliorer la conciliation travail-famille, mercredi, lors d'événements de campagne au Manitoba et en Colombie-Britannique.

À Winnipeg en matinée, Justin Trudeau a d'abord dit souhaiter que les travailleurs oeuvrant dans des secteurs de compétence fédérale puissent plus facilement adapter leur horaire de travail à leur réalité changeante.

Le chef libéral a promis de modifier le Code canadien du travail pour que tous les employés fédéraux aient le droit de faire une demande à leur employeur pour obtenir des heures de travail plus flexibles, voire la possibilité de faire du télétravail, lorsque cela est nécessaire, sans possibilité de représailles.

La politique libérale obligerait les employeurs à répondre formellement à cette demande, mais pas à y consentir. M. Trudeau a affirmé qu'avec la mise en place d'un processus similaire au Royaume-Uni, environ 80 % des demandes de changement d'horaire étaient acceptées par les employeurs.

Le chef libéral pense que la mise en place de telles dispositions au niveau fédéral pourrait inspirer les provinces à emboîter le pas et à « reconnaître qu'on peut augmenter la productivité et maintenir [la] qualité de vie des citoyens ».

Le parti soutient aussi que le manque de flexibilité est « un obstacle qui affecte disproportionnellement les femmes ». Les libéraux s'appuient notamment sur le témoignage de la chercheuse Kate McInturff, du Centre canadien de politiques alternatives, devant le Comité permanent de la condition féminine, au sujet de la difficulté des femmes à exercer des métiers spécialisés ou demandant de faire des heures supplémentaires.

Selon elle, en plus de leur participation accrue au marché du travail, les femmes consacrent encore deux fois plus d'heures que les hommes aux tâches domestiques et ont cinq fois plus de chances de s'absenter du travail pour prendre soin d'un membre de leur famille. Les libéraux affirment que « cette réalité existe entre autres dans les secteurs fédéraux ».

Environ 1 million d'employés sous compétence fédérale seraient touchés par les changements au Code du travail. Ils oeuvrent dans des secteurs comme les services gouvernementaux, les services financiers, les télécommunications et le transport interprovincial.

En point de presse à Surrey, en Colombie-Britannique, le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, a minimisé l'importance de la promesse libérale. « Vous allez pouvoir demander des heures flexibles, mais votre employeur peut dire non. Mais, c'est déjà le cas aujourd'hui! Je ne suis pas trop sûr de ce qu'ils ont annoncé, pour être honnête », a déclaré M. Mulcair.

En entrevue à La Presse Canadienne, le PDG de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, Dan Kelly, a estimé que la promesse libérale manquait de clarté et ajouterait de la bureaucratie.

M. Kelly a expliqué que des requêtes informelles pour des horaires plus souples étaient déjà acceptées par des patrons. Il a mentionné que le Code du travail actuel pouvait parfois constituer un obstacle pour le paiement d'heures supplémentaires, par exemple.

« Je ne pense pas que cela puisse avoir un gros effet négatif dans le milieu, autrement que de créer plus de paperasse. Il n'y a rien dans la proposition qui semble obliger l'employeur à accepter ce que demande le travailleur », a conclu M. Kelly.

Des congés parentaux plus flexibles

À Vancouver en après-midi, Justin Trudeau a promis qu'un gouvernement libéral créerait deux nouvelles options de prestations parentales au régime d'assurance-emploi.

La première permettrait d'étaler son congé parental en plus petits blocs, sur une période de 18 mois, par exemple deux périodes de 6 mois entrecoupées de 6 mois de travail. La seconde permettrait de prendre 18 mois de congé parental, à un niveau de prestations plus bas, notamment pour les familles où les deux parents se partagent les prestations.

La professeure en sciences économiques Catherine Haeck, de l'UQAM, craint toutefois que la mesure d'étalement sur 18 mois ne soit pas accessible à tous. « A priori, si ça permet seulement aux familles de prendre 18 mois, tout en recevant les mêmes allocations que ce qu'elles recevaient sur 12 mois, on peut s'imaginer que les familles qui ont des revenus plus bas ne seront pas capables de bénéficier de cette politique-là », dit-elle.

Les libéraux prévoient que plus de gens auront recours aux congés parentaux, et qu'environ 1 million de Canadiens pourraient en bénéficier. Ils estiment le coût de cette mesure à 125 millions de dollars par année.

Ils promettent que cela ne se traduira pas par une hausse des primes d'assurance-emploi.

Notons que ces changements aux congés parentaux ne s'appliqueraient pas au Québec, qui a déjà son propre régime d'assurance parentale.

Avec des informations de Julie Dufresne

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