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Trudeau veut que les Québécois se sentent plus chez eux au Canada

Justin Trudeau assouplit sa ligne dure envers Philippe Couillard : le premier ministre fédéral veut bien que les Québécois se sentent plus chez eux au Canada, mais pas question pour autant de relancer les négociations constitutionnelles.

M. Trudeau répondait ainsi au gouvernement Couillard en reprenant les termes de sa nouvelle Politique d'affirmation du Québec, qui vise notamment à ce que les Québécois ne se sentent « plus exilés dans leur propre pays ».

En conférence de presse à La Malbaie jeudi, en vue du sommet du G7 de 2018, le premier ministre fédéral a ainsi montré un peu plus d'ouverture aux propositions pour améliorer le fonctionnement du pays faites par le gouvernement Couillard, tout en refusant la conclusion ultime, c'est-à-dire des négociations assorties de conditions pour réintégrer le Québec dans la Constitution de 1982.

« Je suis fier de cette réflexion qui nous amène à réfléchir (sic) à comment les Québécois peuvent encore plus se sentir chez eux au sein du pays », a-t-il déclaré après avoir précisé qu'il avait lu et étudié le document de 200 pages du Québec de « façon approfondie ».

Il a dit être content de travailler avec le gouvernement Couillard pour « améliorer notre fonctionnement », tout en ajoutant, comme il l'avait dit plusieurs fois, « cela ne passe pas par des négociations constitutionnelles ».

C'était déjà plus d'ouverture que la semaine dernière. En effet, lorsque les grandes lignes de la politique ont été révélées, M. Trudeau, avant même d'avoir parcouru le document, avant lancé : « On n'ouvre pas la Constitution », sans élaborer davantage.

Et il y a quelques jours à peine, il affirmait que les pourparlers constitutionnels étaient une « distraction ».

Reprise du dialogue constitutionnel?

La publication de la nouvelle Politique d'affirmation du Québec du gouvernement Couillard a pourtant eu tout un retentissement, puisqu'elle relance en quelque sorte le débat constitutionnel, un débat longuement mis en veilleuse par le Parti libéral du Québec (PLQ).

Le premier ministre Philippe Couillard estime en effet que le fruit est presque mûr pour reprendre le dialogue constitutionnel.

En vertu de cette politique, le Québec veut occuper toutes les tribunes au pays pour faire accepter ses revendications traditionnelles, et ainsi éventuellement réintégrer le giron constitutionnel.

La politique reprend les cinq conditions reconnues par l'Accord du lac Meech, au premier chef la reconnaissance de la nation québécoise, au lieu de la « société distincte » de l'époque.

« Cette reconnaissance de la Nation québécoise pourrait cependant jouir d'une assise plus solide dans le tissu constitutionnel et ainsi permettre de faire évoluer le Canada vers une conception davantage pluraliste du fédéralisme, peut-on lire. Une telle reconnaissance permettrait de faire en sorte que les Québécois ne se sentiraient plus exilés au sein de leur propre pays. »

Les autres conditions sont :

  • la limitation du pouvoir fédéral de dépenser;
  • la garantie d'une représentation québécoise à la Cour suprême;
  • droit de veto sur les modifications constitutionnelles;
  • et enfin, des pouvoirs accrus en matière d'immigration.

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