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Uber : « Je n’ai pas d’opinion, tant qu’ils paient leurs impôts », dit Lessard

À deux semaines de la fin des négociations sur le projet pilote d'Uber, le nouveau ministre québécois des Transports, Laurent Lessard, dit ne pas avoir d'opinion sur la compagnie « tant qu'ils restent de bons joueurs corporatifs, qu'ils paient leurs impôts et font leurs prélèvements de taxes ».

Au terme d'une rencontre mardi avec le maire de la Ville de Québec, Régis Labeaume, il a annoncé que des rencontres étaient prévues la semaine prochaine avec Uber et des représentants de l'industrie du taxi pour faire le point et qu'il ouvrait la porte à des « discussions franches ».

Mais la population et la classe politique s'impatientent, selon le leader parlementaire de la CAQ, François Bonnardel. Le député de Shefford s'est dit « extrêmement » inquiet de ne voir aucun progrès dans les négociations, alors que le projet de loi sur les services de transport par taxi doit entrer en vigueur le 8 septembre prochain.

« Qu'est-ce qui s'est passé depuis 70 jours, quand M. Daoust était là? Est-ce qu'on peut avoir le résultat de ces négociations? Est-ce qu'on avance bien? Est-ce qu'on peut s'attendre à ce que l'industrie cohabite avec l'industrie du taxi le 8 septembre? Je pense que M. Lessard nous doit des réponses », a-t-il affirmé en point de presse.

M. Bonnardel a rappelé qu'Uber était prête à payer la TPS et la TVQ et à financer un fonds de compensation, sans toutefois vouloir acheter des permis de taxi au prix actuel du marché.

La porte-parole de l'opposition officielle en matière de Transports, Martine Ouellet, a aussi exigé que le ministre Lessard clarifie sa position sur la multinationale.

« On demande à Laurent Lessard de ne pas utiliser les projets pilotes pour faire par la porte arrière ce qu'il n'est pas permis de faire par la porte avant », a-t-elle ajouté.

L'industrie du taxi inquiète

Pour sa part, le porte-parole du Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi, Guy Chevrette, a conseillé au nouveau ministre de suivre « la loi du gros bon sens » et de montrer que « l'illégalité ne doit jamais payer ».

Il a aussi dit espérer que le ministre respecte tous les engagements pris par ses deux prédécesseurs à la table des négociations sur Uber, tout en le remerciant d'avoir pris les devants pour organiser une rencontre.

Le projet de loi 100 du gouvernement a été adopté par la procédure de bâillon à la dernière journée de la dernière session parlementaire le 10 juin.

Il doit entrer en vigueur dans deux semaines, le temps de discuter du projet pilote avec Uber. Il donnera carte blanche au ministère pour accepter des projets pilotes sous toutes les formes, en vertu des amendements du gouvernement, ce qui risque de relancer la guerre avec les chauffeurs de taxi qui réclament un régime unique pour tous.

Le gouvernement Couillard a dû composer avec plusieurs embûches dans sa préparation du projet de loi. En plus des nombreuses consultations, marquées par le départ de Robert Poëti et, plus récemment, celui de Jacques Daoust, le gouvernement a dû faire face aux jeunes libéraux qui ont ouvertement pris le parti d'Uber contre le projet de loi qu'ils jugeaient trop restrictif.

Le ministre Lessard a admis qu'il y avait beaucoup à faire avant le 8 septembre et a répété qu'il s'attendait à ce que les points les plus « durs » lui soient réservés pour la fin des négociations.

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