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Uber : mobilisation des chauffeurs de taxi après un autre revers en cour

« Ça commence demain », a déclaré tout de go Benoît Jugand pour annoncer la nouvelle vague de moyens de pression que les chauffeurs de taxi exerceront contre Uber, après avoir essuyé un deuxième revers en Cour supérieure du Québec, mardi.

M. Jugand, du Regroupement des travailleurs autonomes métallos (RTAM), a précisé que les chauffeurs de taxi se réuniront mercredi matin au centre commercial les Galeries d'Anjou, dans l'est de la métropole, et convergeront ensuite vers l'Assemblée nationale, à Québec. 

Benoît Jugand a déclaré que le front commun du taxi était déçu de ne pas avoir obtenu, comme il le réclamait, une ordonnance de sauvegarde pour faire suspendre les activités d'Uber.

En rejetant la demande en injonction du Front commun du taxi, le juge Michel Yergeau a soutenu ne pas avoir été convaincu de l'urgence d'agir dans ce dossier, comme le plaidait l'avocat du front commun du taxi , Me Marc-Antoine Cloutier.

Uber est présente depuis deux ans dans le marché, a argumenté le juge en substance. Puisque l'industrie du taxi prétend que la situation est urgente, elle aurait dû par conséquent s'adresser plus tôt au tribunal.

Vaste rassemblement de chauffeurs la semaine prochaine à Montréal

« On est écoeurés de se faire niaiser par le gouvernement », a déclaré Benoît Jugand qui affirme qu'en plus de la manifestation de mercredi, les chauffeurs de taxi de l'ensemble de la province se rassembleront à Montréal, la semaine prochaine, soit le 5 octobre.

De son côté, le porte-parole du front commun du taxi, Guy Chevrette, s'est dit « amèrement déçu, frustré, enragé » de cette dernière décision rendue en Cour supérieure.

Rappelons que le front commun du taxi avait perdu la première manche, la semaine dernière, lorsqu'un autre juge avait refusé sa requête pour faire annuler l'entente de principe intervenue entre le ministère des Transports et Uber.

Cette entente, qui doit entrer en vigueur le 29 septembre, permettra à Uber de poursuivre ses activités dans le cadre d'un projet pilote d'une durée d'un an, sous un certain encadrement.

Guy Chevrette affirme que le gouvernement de Philippe Couillard détient « la clé » pour dénouer le litige. « Il n'a qu'à nous convoquer », affirme M. Chevrette.

Le ministre des Transports, Laurent Lessard, avait déjà rencontré les membres du front commun du taxi par le passé. Mais de l'avis de M. Chevrette, ces discussions n'avaient pas donné de résultats. « C'était niaiseux comme rencontre », a-t-il affirmé.

Un débat sur le fond en janvier

Questionné à la suite de la publication de la décision du tribunal, mardi, le ministre des Transports, Laurent Lessard, a dit du juge Yergeau que ce dernier désirait « traiter au fond la question sur l'entente [de principe avec Uber] ».

« Pendant ce temps-là, on va mettre un processus de mise en œuvre et la cour, les gens, auront l'occasion d'aller débattre sur le fond là-dedans », a de plus affirmé le ministre Lessard.

Laurent Lessard faisait ainsi allusion au fait que le juge Yergeau a renvoyé la cause de l'industrie du taxi en janvier, afin qu'elle soit débattue sur le fond. Dans sa décision, le magistrat a convenu que la situation était « difficile » pour certains chauffeurs de taxi qui accumulent des pertes de revenu, si l'on en croit leurs déclarations sous serment.

En revanche, le juge a rejeté l'argument du préjudice irréparable pour les chauffeurs de taxi traditionnels. Il souligne que le front commun a également déposé une demande de recours collectif contre Uber pour être compensé pour un éventuel préjudice.

Mardi, le directeur général d'Uber Québec, Jean-Nicolas Guillemette, a fait part de sa satisfaction à la suite de la décision de la cour. « Notre priorité demeure d'offrir une alternative de transport de qualité, répondant aux conditions définies par le projet pilote », dit-il.

Avec les informations de Marc Verreault

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