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Un 3e budget déficitaire de suite en Saskatchewan

Avec son budget 2018-2019, la Saskatchewan se dit « sur la bonne voie » pour atteindre l'équilibre budgétaire même si elle dépose un budget déficitaire. La ministre des Finances, Donna Harpauer, estime que ses prévisions préparent le terrain à 10 années de croissance économique en Saskatchewan.

Un texte de Raluca Tomulescu

Dans le premier budget de la ministre Harpauer, le déficit de la Saskatchewan s’élève à 365 millions de dollars en 2018-2019. Les revenus atteignent 14,24 milliards de dollars, alors que les dépenses sont de 14,61 milliards de dollars.

Dans sa progression vers l’équilibre budgétaire, le gouvernement compte réduire ses dépenses de 1,4 % par rapport à l’an dernier.

L’économie de la province est moins dépendante des ressources naturelles et repose davantage sur les taxes de vente qu’elle perçoit des contribuables, selon Donna Harpauer.

Le gouvernement ne touche pas à l'impôt des particuliers ni à la taxe de vente provinciale de 6 %, mais certaines exemptions sont abolies. C'est le cas, par exemple, de l’exemption de la taxe de vente appliquée à l’achat de véhicules usagés, qui sera chose du passé à compter du 11 avril 2018.

Moins d’argent en éducation

Tel que promis par le premier ministre, Scott Moe, les divisions scolaires de la province obtiennent 30 millions de dollars supplémentaires malgré une baisse de 7,6 % du budget pour l'éducation. Le budget 2018-2019 s'élèvera ainsi à 3,26 milliards de dollars.

Des dépenses de 352 millions de dollars liées au régime de retraite des enseignants seront évitées, mais la province assure que cette mesure n’aura pas d’impact sur les prestations de ces derniers.

Selon le président de la Fédération des enseignants et des enseignantes, Patrick Maze, ces derniers devront continuer de faire plus, avec moins.

Il salue cependant la promesse du premier ministre Scott Moe d'injecter 30 millions de dollars en éducation.

Il précise qu'il y avait un manque à gagner de 54 millions de dollars dans le budget de l'an dernier.

Selon M. Maze, les écoles font face à un nombre grandissant d'élèves, mais le nombre d'enseignants diminue.

Des gains légers dans la santé et les services sociaux

Le gouvernement compte investir 5,77 milliards de dollars dans la santé, une hausse de 2,5 % par rapport à l’an dernier.

De cette somme, 11,4 millions de dollars sont consacrés à des programmes en santé mentale.

Le gouvernement s’engage également à financer à 100 % les médicaments utilisés dans le traitement du virus de l’immunodéficience humaine (VIH). Il prévoit 700 000 $ supplémentaires pour y arriver.

Par ailleurs, les parents d’enfants de moins de 6 ans atteints d’un trouble du spectre de l’autisme se partageront 2,8 millions de dollars pour un meilleur accès aux services.

Les services sociaux voient également leur budget augmenter de 25 millions de dollars.

Toutefois, le supplément de revenu pour le logement ne sera plus accessible à de nouveaux demandeurs à partir du 1er juillet 2018.

La sécurité renforcée

Le secteur de la protection des personnes et des propriétés recevra un total de 690 millions de dollars, soit une augmentation de 7,2 % par rapport à l'an dernier.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC), notamment, recevra 13,6 millions de dollars de plus. Les programmes destinés à lutter contre la criminalité en milieu rural bénéficieront quant à eux d'une augmentation de 4,9 millions de dollars.

Dans son budget 2018-2019, le gouvernement n’a pas donné de détails sur les revenus et les dépenses reliés à la légalisation du cannabis. La ministre Harpauer explique cette absence par « une trop grande incertitude du marché ».

Le financement accordé à la Direction des Affaires francophones ne connaît quant à lui aucun changement par rapport à l’an dernier, il demeure à 690 000 $.

Pas de vision à long terme, selon le NPD

Le Nouveau Parti démocratique de la Saskatchewan est de son côté préoccupé par l’augmentation de la dette publique de la province, qui passera de 18 milliards de dollars en 2017-2018 à 20 milliards de dollars dans la prochaine année.

La porte-parole en matière de finances, Cathy Sproule, soutient que le Parti saskatchewanais manque de vision à long terme.

Le Parti saskatchewanais, dit-elle, aurait dû faire des investissements pour augmenter le nombre d’emplois dans la province.

Cathy Sproule déplore également que les 54 millions retirés à l'éducation l'an passé ne soient pas complètement restitués cette année.

Selon elle, le gouvernement n'investit pas suffisamment dans la petite enfance.

Elle se réjouit, toutefois, que la province augmente le financement de la santé mentale, la couverture des médicaments anti-VIH et le soutien aux enfants autistes.

Un budget à l'écoute des villes

L'Association des municipalités urbaines de la Saskatchewan (SUMA) a félicité la décision du gouvernement de réinstaurer une partie des ristournes de SaskEnergy pour l'utilisation de certains services municipaux.

SUMA estime qu'il s'agit d'un budget qui est assez à l'écoute des villes. Selon l'organisme, la décision du gouvernement de vouloir réviser le système de partage des revenus de la taxe de vente provinciale avec les villes, est une bonne idée.

L'Association dit ne pas avoir obtenu tout ce dont elle avait besoin, mais comprend que la province fait face à des temps économiques plus difficiles.

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