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Un budget bien accueilli en Abitibi-Témiscamingue

Le dernier budget du gouvernement actuel est bien accueilli en Abitibi-Témiscamingue. Qu'on parle de transport aérien, d'industrie minière, de pénurie de main-d'oeuvre ou des PME, les mesures avancées sont bien reçues par les différents acteurs régionaux. Toutefois, les groupes communautaires se disent déçus de leur part du gâteau.

Un texte de Marie-Hélène Paquin

Le maire de Val-d'Or et préfet de la MRC de la Vallée-de-l'Or, Pierre Corbeil, considère que le gouvernement a fait ses devoirs en matière de transport aérien. « Il avait dit qu'il donnerait des sous pour soutenir les infrastructures, l'amélioration de la desserte et aussi réduire les coûts. C'est traduit dans le budget. Là-dessus, je ne pense pas qu'on peut dire que le gouvernement n'a pas respecté les engagements qui ont été pris au fur et à mesure des dernières semaines et des derniers mois à travers différentes manifestations, notamment [au Forum sur le transport aérien régional de Lévis] », déclare-t-il.

Le président de la Chambre de commerce et d'industrie de Rouyn-Noranda, Jean-Claude Loranger, salue l'investissement de 100 000 $ dans le transport aérien, mais continue de décrier les annulations de vols de plus en plus fréquentes dans la région.

« Où le bât blesse, actuellement, c'est dans la qualité du service. Il y a de nombreuses annulations de vols; actuellement, à la Chambre de commerce, on a énormément de plaintes à ce sujet-là et on veut faire valider ça. On parle d'à peu près 40 % des vols qui seraient annulés ou reportés, donc c'est des coûts énormes pour nos entreprises », souligne-t-il.

Secteur minier

En ce qui a trait aux mines, le ministre des Finances, Carlos Leitão, alloue plus de 40 millions de dollars pour appuyer l'innovation et pour encourager les entreprises à réduire leur empreinte environnementale.

Jean-Claude Loranger accueille plutôt bien la mesure.

L'Association minière du Québec (AMQ) aurait souhaité plus de mesures permettant d'alléger les coûts pour l'industrie.

Elle indique toutefois que le budget propose des mesures pertinentes pour soutenir le développement minier au Québec.

« Il y en a une en particulier : celle qui nous permet de l'allocation pour les frais ou les coûts engagés pour les études environnementales et sociales. Ce sont toujours des études qui coûtent très cher, de plus en plus cher d'année en année, parce qu'on nous demande toujours de nouvelles exigences, alors de nous permettre certaines allocations par rapport à ces études-là lorsqu'on est en opérations, évidemment, c'est un petit peu d'air frais », déclare la présidente-directrice générale de l'AMQ, Josée Méthot.

Exploration minière

L'Association de l'exploration minière du Québec est quant à elle déçue qu'aucune mesure touchant directement le secteur de l'exploration n'ait été annoncée lors du dépôt du budget provincial.

Sa directrice générale, Valérie Fillion, est toutefois satisfaite de certaines mesures qui aideront les explorateurs par la bande.

Elle fait entre autres référence aux investissements dans les routes du Grand Nord et dans la recherche technologique auquel le Centre Technologique des Résidus Industriels (CTRI) pourrait avoir droit.

Pénurie de main-d'oeuvre

La pénurie de main-d'oeuvre touche grandement la région d'Abitibi-Témiscamingue ces dernières années. Québec veut investir près de 810 millions de dollars sur 5 ans afin d'améliorer l'accueil de la main-d'oeuvre immigrante dans les régions.

« C'est une bonne chose du côté de la francisation, parce qu'effectivement, dans les régions, souvent au niveau de l'immigration, on n'a pas les infrastructures d'accueil pour permettre la transition vers le français. Par contre, il va falloir s'assurer de faire venir les gens en région. C'est beau de mettre des mesures en place dans les régions, mais est-ce qu'on va être capable de faire venir ces gens-là en région? », soulève Jean-Claude Loranger.

Pierre Corbeil ajoute que le développement de la main-d'oeuvre est au coeur de l'avenir de l'Abitibi-Témiscamingue. « Quand on voit le document "Améliorer la diplomation et les stages en milieu de travail", je pense que là-dedans, il y a des opportunités intéressantes; intégration des personnes immigrantes, formation continue. Je suis convaincu que, là-dedans, on a plusieurs nouveaux outlis qui vont nous permettre de tirer notre épingle du jeu », avance-t-il.

PME

Le taux d'imposition des petites et moyennes entreprises (PME) passera de 8 % à 4 % d'ici 2022, une mesure qui est très bien accueillie. « C'est une bonne nouvelle en soi. Les petites entreprises attendaient cette baisse d'impôts-là, compte-tenu de toutes les annonces qu'on a faites dernièrement : hausse du salaire minimum, hausse au niveau des normes du travail qui impliquent des charges financières additionnelles pour les entreprises, donc c'est certain que c'était attendu », souligne Jean-Claude Loranger.

« Reste à voir cette progression-là de baisse de 8 à 4 %. Est-ce qu'elle va se faire dans les premières années? Est-ce que ça va être plus vers 2020, 2021? Le souhait qu'on formule, c'est que ça se fasse immédiatement, de façon plus accélérée, parce que les entreprises en ont besoin », ajoute-t-il.

Le communautaire déçu

Le budget prévoit un soutien additionnel de 46 millions de dollars pour le milieu communautaire, mais la Concertation régionale des organismes communautaires de l'Abitibi-Témiscamingue (CROC-AT) voit la situation d'un autre oeil.

« Ce que je tiens à dire, d'entrée de jeu, c'est que le ministre n'a pas parlé, durant son discours, d'investissement dans les organismes communautaires, a fait remarquer Marie-Eve Duclos, coordonnatrice de la CROC-AT. [...] Je veux vraiment m'attarder à la portion qui parle du financement à la mission des organismes communautaires, donc du Programme de soutien aux organismes communautaires. À la lueur de ce qu'on voit, qui va vraiment mériter une analyse plus approfondie, il y a très peu de gains pour les organismes communautaires. »

Marie-Eve Duclos indique qu'une analyse du budget plus approfondie sera nécessaire pour la bonne compréhension des mesures avancées par le gouvernement.

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