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Un débat bilingue difficile pour certains candidats à la direction du PCC

C'était une première dans la longue course à la succession de Stephen Harper: les candidats ont échangé dans les deux langues officielles. Le débat organisé à Moncton a permis de juger, en partie, des habiletés linguistiques des prétendants à la direction du Parti conservateur.

Déjà, avec 14 candidats qui disposent d'un peu moins d'une minute pour répondre à une question, il est difficile de se faire une impression. Ajoutez à cela une formule bilingue, qui permet aux politiciens de passer du français à l'anglais à leur guise, et la chose se complique encore un peu.

C'est de cette manière que se sont affrontés les aspirants chefs du Parti conservateur.

Malgré la flexibilité dans la forme, la difficulté de certains candidats à s'exprimer en français est ressortie. Si tous se sont exprimés dans cette langue, certains avaient le regard fixé vers leurs notes écrites.

Plusieurs reconnaissent qu'ils ont encore des efforts à faire pour mieux maîtriser le français.

C'est très important. Chaque jour, je dois travailler avec mon professeur. Il est très sérieux et très professionnel.

Lisa Raitt, candidate à la direction du Parti conservateur

Le prochain débat pourrait rendre la vie difficile à certains candidats. Il doit se dérouler entièrement en français à Québec en janvier.

Le député de Beauce, Maxime Bernier, parle du bilinguisme comme d'un « choix important » sur lequel les membres du parti devront ultimement trancher.

Je crois que c'est important de s'exprimer dans les deux langues si on veut battre Justin Trudeau en 2019.

Maxime Bernier, candidat à la direction du Parti conservateur

Les propos de manifestants albertains s'invitent au débat

Au menu du débat, les candidats ont exprimé leurs points de vue notamment sur les oléoducs, l'imposition et la création d'emplois.

Une controverse entourant une manifestation qui s'est déroulée en Alberta la fin de semaine dernière a aussi été soulevée en toute fin de débat.

Samedi, des manifestants se sont réunis devant l'Assemblée législative à Edmonton pour dénoncer la taxe sur le carbone annoncée par le gouvernement néo-démocrate de Rachel Notley.

À un moment, certaines personnes dans la foule se sont mises à réclamer haut et fort l'emprisonnement de la première ministre Notley, en empruntant une formule utilisée par les partisans de Donald Trump à l'endroit d'Hillary Clinton pendant la campagne présidentielle aux États-Unis.

Le candidat conservateur Chris Alexander était à la manifestation et son adversaire Michael Chong ne s'est pas gêné pour le lui rappeler.

Il y a un candidat qui était là quand les manifestants réclamaient l'emprisonnement de la première ministre démocratiquement élue de l'Alberta.

Michael Chong, candidat à la direction du Parti conservateur

Après le débat, Chris Alexander s'est défendu, rappelant qu'il n'avait pas tenu les mêmes propos que les manifestants.

Je pense que Michael a été malhonnête. J'ai tout de suite dit : "Votez-la dehors."

Chris Alexander, candidat à la direction du Parti conservateur

Un autre candidat dans la course, Brad Trost, a affirmé sur les réseaux sociaux tout juste avant le débat qu'il aurait tenu les mêmes propos que les manifestants.

À Moncton, Brad Trost s'est expliqué en disant que c'est « parce que c'est comme cela que les gens parlent ». Selon lui, il ne faut pas prendre ces individus au mot, mais il est important de comprendre leurs frustrations.

Un épisode qui vient s'ajouter aux discussions sur l'immigration qui ont divisé plusieurs candidats au cours des derniers mois.

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