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Un député conservateur expulsé du caucus en raison d'allégations d'inconduite sexuelle

Le Parti progressiste-conservateur de l'Ontario a expulsé le député Michael Harris de son caucus à la suite d'allégations de comportement sexuel répréhensible.

Lisa Thompson, présidente du caucus des conservateurs ontariens, affirme que le parti a été mis au courant des allégations vendredi dernier. Dans un communiqué, Mme Thompson affirme que la plaignante a présenté des échanges de textos en guise de preuve de ses accusations.

« La preuve qui nous a été présentée comprenait une plainte écrite d'une ancienne stagiaire déposée en 2013 à propos de la façon dont elle avait été mutée pour un emploi, ainsi qu'une série de messages textes de la même période entre la jeune stagiaire et le député », peut-on lire dans le communiqué.

« Ces messages étaient de nature sexuelle et comprenaient une discussion sur un emploi potentiel à temps partiel, ainsi qu'une demande pour qu'elle lui envoie des photos, une invitation de le rencontrer tard dans la soirée et une référence à quelque chose qui peut avoir déjà eu lieu dans son bureau législatif. »

Mme Thompson ajoute qu'à la lumière de ces informations, le comité des nominations provinciales a décidé que M. Harris ne pourrait plus être candidat aux élections provinciales de juin.

Ces allégations n'ont pas été prouvées en cour ou vérifiées par Radio-Canada.

Des excuses

Dans une lettre publiée sur Twitter lundi en début de soirée, le député a présenté ses excuses et a déclaré que l'échange de messages textes était une erreur.

Il a ajouté que le Parti progressiste-conservateur était au courant de cette affaire depuis plusieurs années.

Michael Harris raconte qu'il a reçu un courriel du président du parti samedi l'informant qu'il ne serait plus candidat, une décision qu'il a décidé de ne pas contester en raison de problèmes de santé.

Il ajoute qu'il sera opéré aux yeux le 7 mai.

La femme de M. Harris, Sarah, affirme avoir l'intention de prendre le relais de son mari et briguer la candidature du parti dans Kitchener-Conestoga. « Nous sommes au service de la communauté en tant qu'équipe », a-t-elle déclaré en entrevue avec CBC News lundi matin.

M. Harris siégera comme député indépendant, tout comme l'ancien chef Patrick Brown, lui aussi ciblé par des allégations d'inconduite sexuelle en janvier.

Réactions

Le Parti libéral a fait part de sa réaction face à la situation en après-midi lundi. Dans un premier temps, Deb Matthews, députée de London North Centre, a émis un communiqué dans lequel elle se demande si Doug Ford était au courant de la situation. « En fin de compte, les décisions de communication sont la responsabilité du leader. Qu'est-ce que Doug Ford savait à ce sujet et quelle décision a-t-il prise? »

Kathleen Wynne, la première ministre de la province, a parlé à M. Harris durant la fin de semaine. Le contenu de cette conversation a alimenté plusieurs rumeurs à Queen's Park durant la journée. Andrea Ernesaks, porte-parole du bureau de Mme Wynne, a tenu a faire taire ces rumeurs. « Elle a appelé M. Harris en fin de se maine pour lui souhaiter bonne continuité. Il s'agit d'un appel de courtoisie typique pour tout membre de l'Assemblée législative qui part à la retraite. Elle n'était pas au courant de la véritable raison de son départ », a déclaré Mme Ernesaks par courriel lundi.

Du côté du NPD, les commentaires de la cheffe Andrea Horwath allaient dans le même sens que ceux de Mme Matthews. « Je félicite la jeune femme qui a choisi de parler de l'inconduite sexuelle qu'elle a subie alors qu'elle travaillait pour Michael Harris, et j'espère qu'elle recevra le soutien dont elle a besoin maintenant. (...) Doug Ford doit s'expliquer. Quand a-t-il appris les allégations d'inconduite de Michael Harris avec une stagiaire, et quel rôle a-t-il joué dans la tentative de dissimulation de M. Harris? »

Puis, en fin d'après-midi, Doug Ford a, à son tour, émis un communiqué. « J'ai pris conscience de cette situation vendredi soir. Le PNC s'est réuni et a pris une décision tôt samedi. À la première occasion, Vic Fedelli, en mon nom, a informé le caucus que Michael Harris n'était plus membre du caucus du Parti conservateur. Nous avons une politique de tolérance zéro en ce qui concerne le comportement inapproprié au travail. Cela n'a pas sa place dans le Parti conservateur de l'Ontario. »

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