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Un dernier souper-bénéfice avec dons d’entreprises au Parti libéral du Nouveau-Brunswick

Des membres du Parti libéral du Nouveau-Brunswick seront à Moncton, mercredi soir, pour le dernier souper-bénéfice du premier ministre avant que la loi qui interdit les dons d'entreprises et de syndicats aux partis politiques entre en vigueur.

Le ministre Donald Arseneault explique que des électeurs ont l’impression que les politiciens sont potentiellement influencés par les entreprises. En cessant d’accepter les dons d’entreprises et de syndicats, ajoute-t-il, cette impression disparaîtra.

La loi interdisant les dons d’entreprises et de syndicats aux partis politiques a été adoptée il y a quelques semaines. Elle entre en vigueur à minuit, le 1er juin, ce qui laisse aux libéraux l’occasion de tenir leur souper-bénéfice à 500 $ le couvert.

L’activité a lieu à Moncton, au Casino du Nouveau-Brunswick, à compter de 18 h. L’an dernier, elle a permis au Parti libéral de recueillir près de 400 000 $. Trois quarts de l’argent provenaient d’entreprises ayant acheté la majorité des billets.

Donald Arseneault affirme que les progressistes-conservateurs ont déjà tenu leur dernier souper-bénéfice avec dons d’entreprises, et que les libéraux ont décidé de faire de même.

Les activités politiques dans la province sont financées par des entreprises depuis des générations.

Selon Élections Nouveau-Brunswick, les entreprises ont donné au total plus de 24 millions de dollars aux partis politiques durant les 30 dernières années, soit environ 2 millions de dollars de plus que l’ensemble des particuliers qui ont aussi fait des dons. Les entreprises ont donné 60 fois plus que les syndicats.

Le Parti libéral a obtenu 85 % des dons d’entreprises lorsqu’il était au pouvoir. Le Parti progressiste-conservateur a reçu 90 % des dons d'entreprises dans la même situation. C’est l’une des raisons pour lesquelles des gens croient que les entreprises font des dons au parti au pouvoir en espérant obtenir des faveurs en échange.

Des soupers coûteux

Les 23 entreprises les plus généreuses au souper-bénéfice des libéraux l’an dernier ont payé 5000 $ chacune pour avoir droit à une table entière. Plusieurs parmi elles font affaire avec le gouvernement, d’autres cherchaient à obtenir une aide financière publique.

Parmi celles qui ont acheté une table entière se trouvait le transformateur de tourbe Jiffy Products, qui a reçu une aide gouvernementale de 2,5 millions de dollars moins de trois mois plus tard.

Il y avait aussi la commission de l’aéroport de Miramichi, qui a reçu une aide financière de 500 000 $ quelques semaines plus tard.

Le gouvernement Gallant reconnaît que ce genre d’interaction, même si l’aide gouvernementale n’est pas liée aux dons politiques, laisse une mauvaise impression au public.

Le ministre Victor Boudreau a déclaré lorsqu’il a déposé le projet de loi, au début de mai, que l’élimination des dons des entreprises et des syndicats est un message clair pour les électeurs. Leurs députés travaillent pour eux, a-t-il souligné.

Les trois partis politiques à l’Assemblée législative ont appuyé le projet de loi qui fait perdre aux libéraux et progressistes-conservateurs leurs plus grands donateurs.

Le chef du Parti vert, David Coon, qui avait lancé l’idée au départ, estime que l’entrée en vigueur de la loi est un pas vers la fin d’une culture qui consiste à « payer pour jouer ». Selon lui, cette réforme est plus retentissante que le fait que les libéraux tiennent leur dernier souper-bénéfice juste avant.

D’après le reportage de Robert Jones, CBC

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