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Un groupe de 37 Premières Nations demande des pourparlers avec Ottawa

Des Premières Nations du Manitoba, de l'Ontario et de la Saskatchewan espèrent mener des pourparlers avec Ottawa afin d'établir leur autonomie collective et améliorer les conditions de vie dans leurs communautés.

Croyant que l’union fera la force, les responsables des 37 bandes regroupées sous la houlette du Traité 5 se réunissent à Winnipeg cette semaine pour concrétiser leur position.

« Ce colloque est vraiment important, car il donne la chance à la direction des collectivités de se serrer les coudes et d’aiguiser [leur] plaidoyer », affirme le grand chef Arlen Dumas, de l’Assemblée des chefs du Manitoba.

Les responsables autochtones discuteront de plusieurs enjeux qu’ils souhaitent aborder avec Ottawa. Parmi ceux-ci figurent la gouvernance des Premières Nations, le renforcement de leurs institutions, la réduction des écarts socioéconomiques, la génération de revenus indépendants du financement gouvernemental, la réconciliation, ainsi qu’une nouvelle relation de nation à nation.

« Nous allons faire pression pour établir nos propres procédures et nos propres lois », révèle Clarence Easter, porte-parole du colloque et chef de la Première Nation crie de Chemawawin.

« Nous souhaitons restaurer l’esprit et l’intention des traités. Ces ententes étaient censées structurer les relations entre deux nations, et non de soumettre l’une des deux parties aux lois coloniales », enchaine Jerry Kim Daniels, grand chef de l’Organisation des chefs du Sud du Manitoba.

Toutefois, les différents groupes occupant le territoire traditionnel de 24 millions d'hectares risquent d’avoir des priorités bien différentes.

Alors que des activités économiques prometteuses s’amorcent dans certaines des communautés autochtones du Traité 5, dont la prospection pour l’extraction du diamant et du lithium, d’autres communautés liées par l’entente signée en 1875 n’ont toujours pas l’infrastructure nécessaire pour fournir l’eau courante à leurs résidents.

« Mais nous sommes tous les mêmes aux yeux du gouvernement, donc nous aurons plus de chances si nous adoptons une approche commune », affirme le chef Easter.

L’engagement de Trudeau

Jusque-là, Ottawa a financé plus de 50 processus de négociations distincts avec des Premières Nations, dont quatre avec des groupes au Manitoba.

En septembre dernier, M. Trudeau a dénoncé à l’ONU « la grande faillite » du Canada vis-à-vis les Autochotones. Le chef libéral a alors affirmé que le pays s’applique à démanteler ses « vieilles structures coloniales désuètes » afin de bâtir un « véritable partenariat » avec les peuples autochtones.

Le grand chef Arlen Dumas espère profiter du passage de Justin Trudeau dans la capitale manitobaine, mercredi, pour rappeler le premier ministre de son engagement.

« Nous lui offrons l’occasion de tenir sa parole avec la mise en oeuvre d’actions concrètes », conclut-il.

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