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Un groupe de travail sera créé pour faire disparaître le Kathryn Spirit

Lueur d'espoir pour la ville de Beauharnois, où un cargo abandonné, le Kathryn Spirit, se détériore lentement mais sûrement depuis 2011 : un comité de travail sera mis sur pied afin de trouver une solution à ce problème.

Un texte de Jérôme Labbé

En tant que président de la Communauté métropolitaine de Montréal, Denis Coderre a rencontré lundi matin des représentants de la municipalité et de la Garde côtière. Il assure que la sécurité des riverains n'est pas compromise, mais admet ne pas savoir si le navire est en assez bonne condition pour être remorqué dans le fleuve Saint-Laurent.

« Si vous voulez prendre des décisions, il faut connaître la condition de ce bateau-là comme tel. On a déjà des réponses sur le plan environnemental - il ne chavirera pas -, mais si on veut le sortir de là, est-ce que c'est adéquat? Si on veut le démanteler sur place, qu'est-ce qu'on doit faire? Il y a des réalités auxquelles on est confrontés, mais il faut avoir de l'information de première main », a expliqué le maire de Montréal pour justifier la création du groupe de travail.

De son côté, le maire de Beauharnois, Claude Haineault, s'est dit heureux que les autorités s'intéressent enfin à ce problème dans sa municipalité.

« Je suis content qu'il se passe quelque chose, mais je serai rassuré quand on va m'arriver avec un plan et qu'on va me dire ce qui va se passer », a-t-il reconnu. « Depuis quatre ans, [...] on n'a fait que piétiner [...] Au moins, là, il va y avoir un groupe de travail dont on fera partie. »

La création de ce groupe de travail est annoncée moins de deux semaines après un cri du coeur du maire Haineault, qui disait craindre un « renversement imminent ».

Le comité de travail se réunira pour la première fois dans deux semaines. En attendant, Denis Coderre a promis d'en discuter cette semaine à Ottawa avec les ministres Marc Garneau (Transports) et Hunter Tootoo (Pêches, Océans et Garde côtière).

Un problème qui traîne depuis longtemps

Le bateau de 150 mètres de long sur 20 mètres de large avait été amené à Beauharnois en 2011 par une entreprise locale qui souhaitait le démanteler et le vendre à la ferraille. La firme en question, Groupe St-Pierre, a ensuite vendu le Kathryn Spirit à une entreprise mexicaine qui a renoncé à ses droits de propriété, si bien qu'on ne sait plus exactement qui est propriétaire du bateau à l'heure actuelle.

En théorie, la circulation fluviale sur le Saint-Laurent est de compétence fédérale, mais comme le cargo touche le fond, le ministère québécois de l'Environnement est aussi concerné.

Le maire Coderre a beau assurer que le cargo ne représente aucune menace pour l'environnement, le sous-commissaire aux opérations de la Garde côtière, Mario Pelletier, a admis lundi qu'il lui était impossible de confirmer l'absence totale de contaminants à bord.

« Tant qu'on n'a pas accès, on ne peut pas aller là et confirmer ça », a-t-il admis devant les caméras.

La compagnie québécoise CAI Group, un sous-traitant embauché par la compagnie mexicaine Reciclajes Ecologicos Maritimos pour assurer la maintenance du navire et garder celui-ci en position horizontale, a récemment cessé ces manoeuvres, n'ayant pas reçu les montants prévus.

Avec la collaboration de Louis de Belleval et Thomas Gerbet

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