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Un manque criant de ressources de santé mentale en français en Ontario

Comment trouver des ressources en français en santé mentale en Ontario? Alors que la stigmatisation entourant les problèmes de santé mentale diminue de plus en plus, bien des Franco-Ontariens ne savent toujours pas où se tourner pour obtenir l'aide dont ils ont besoin.

Un texte de Julie-Anne Lamoureux

Éclaircie en vue avec l'approche des élections provinciales le 7 juin? Les trois partis assurent que la santé mentale s'inscrit dans leurs priorités.

Un cas isolé?

Guylaine Morissette souffre de stress post-traumatique, de dépression chronique et de troubles anxieux, entre autres. Elle a été suivie par une thérapeute durant 8 ans au Centre francophone de Toronto, après quoi, on l'a inscrite dans un programme de 16 séances qui vient de prendre fin en décembre.

La Torontoise est désemparée, inquiète pour la suite, parce qu'elle est convaincue qu'un traitement à long terme pourrait l'aider à guérir.

Or, elle affirme que les ressources en français sont rares et difficiles à trouver et elle se sent laissée à elle-même.

On lui aurait simplement remis une liste de coordonnées d'organismes pouvant l'aider, mais malgré ses appels et ceux d'intervenants, elle n'a toujours pas été en mesure de trouver de l'aide en français dans sa ville.

On lui aurait dit de se présenter à l'urgence ou d'aller consulter en psychiatrie si elle ne se sentait pas bien, deux options qui ne lui conviennent pas.

Centre francophone de Toronto

Le Centre francophone de Toronto ne peut commenter précisément le cas de Guylaine Morissette, mais admet que ses ressources sont limitées et qu'il faut nécessairement faire des choix.

L'organisme vient de combler les postes vacants de psychothérapeutes et a ainsi pu éponger la liste d'attente qui était de 3 à 4 mois à la mi-décembre.

Actuellement, 3 psychothérapeutes travaillent à temps plein pour aider les adultes francophones aux prises avec des problèmes de santé mentale. Ces spécialistes réussissent à aider au plus 200 francophones par année.

Le Centre francophone est le seul organisme désigné à offrir des services de santé mentale et de dépendance en français à Toronto.

Ce qui met de la pression sur le centre puisque les francophones qui ont des besoins se trouvent partout dans la région. Les patients ont des problèmes diverses et complexes et il existe peu de ressources ailleurs en français où le centre pourrait les référer.

« Il existe des défis »

La psychologue Catherine Desjardins, qui vient d'ouvrir une clinique de psychothérapie francophone privée à Toronto, parle carrément de pénurie de services en français pour les gens qui sont dans le besoin . Elle a travaillé durant des années en milieu communautaire au Centre francophone et a constaté l'ampleur des besoins.

L'entité de planification des services de santé en français Reflet Salvéo, qui couvre entre autres le territoire de Toronto, reconnaît que les défis sont énormes.

La province assure pourtant que des ressources sont en place. Selon le gouvernement :

  • 36 services de santé mentale en français sont destinés spécifiquement aux francophones. Ils sont offerts à 14 endroits dans la province.
  • En tout, ce sont toutefois 106 organisations qui ont déclaré offrir des services en français.

C'est sans compter les services pour dépendance souvent interreliés.

Le problème, c'est que plusieurs de ces ressources ne sont pas désignées en vertu de la Loi sur les services en français. Ainsi, ces organisations ont mentionné au gouvernement pouvoir offrir des services en français, mais ne sont pas toutes soumises à des vérifications. Et Reflet Salvéo note que c'est un système qui évolue.

C'est donc un système à géométrie variable . Parfois, c'est la personne à la réception qui parle français, mais pas les intervenants spécialisés. D'autres fois, c'est l'inverse.

Reflet Salvéo a publié un guide pour aider les francophones à trouver les ressources en santé mentale dont ils ont besoin.

Mais son directeur général admet que ce guide n'est pas parfait et que l'organisme s'est fié à la parole des intervenants pour annoncer les services en français. Il dit que c'est loin d'être idéal et on travaille pour accroître l'étendue des services qui existent .

La santé mentale au coeur de la campagne électorale?

Le ministre de la Santé de l'Ontario, Eric Hoskins assure qu'il est engagé à offrir des soins équivalents aux Franco-Ontariens.

Le sujet est de moins en moins tabou et pourrait se retrouver au coeur de la campagne électorale au printemps prochain.

Les progressistes-conservateurs, qui ont déjà dévoilé leur plateforme électorale, font de la santé mentale une de leur 5 priorités avec la promesse d'un investissement de 1,9 milliard de dollars.

Les libéraux s'en sont presque moqués, disant avoir investi 10 milliards de dollars en argent neuf au cours de la dernière décennie et en promettant d'investir davantage que 1,9 milliard de dollars pour la suite.

Le NPD promet pour sa part un ministère dédié exclusivement à la santé mentale et aux dépendances pour s'assurer que quelqu'un soit responsabe, imputable .

Pour la psychologue Catherine Desjardins, il ne fait aucun doute que c'est devenu un sujet incontournable pour nos élus .

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