« Notre base militante est dans un déclin prononcé et il est important de sortir de notre torpeur pour renverser la tendance », a écrit le président sortant de la Commission politique nationale du Parti libéral du Québec (PLQ), Jérôme Turcotte, au sujet de son organisation.

Un texte de Mathieu Dion correspondant parlementaire à Québec

M. Turcotte milite depuis 2008 au sein du PLQ, en plus d'avoir siégé à la plus haute instance du parti politique, le comité exécutif. Peu de temps avant son départ en septembre, il a remis à la direction du parti un document accablant, intitulé « Analyse des défis à relever pour relancer le militantisme au PLQ ».

Les mots de M. Turcotte, souvent très durs, sont dévoilés dans les médias à quelques jours seulement d'un Conseil général du parti. L'auteur en appelle à une prise de conscience au sein de l'organisation afin que leurs « sympathisants retrouvent goût à l'implication politique ».

Un désenchantement qui commence avec l'ère Charest

Sans le nommer directement, Jérôme Turcotte indique que l'ère de l'ancien premier ministre Jean Charest a été marquée par une indépendance moins grande du parti par rapport au chef et à l'aile parlementaire, une centralisation des décisions autour du chef au détriment des militants, et une pression sur le parti et les élus pour « atteindre des objectifs de financement élevés ».

M. Turcotte reproche d'ailleurs à l'actuel chef libéral Philippe Couillard d'être peu à l'écoute des militants lors des Conseils généraux, « arrivant quelques minutes avant son discours ».

M. Couillard serait plus intéressé par le Forum des idées, qui n'est pas un rassemblement militant : « Plusieurs membres de la Commission politique m'ont fait la remarque que le chef semblait préférer écouter les conférenciers du Forum que les idées aux débats de ses propres militants. »

Des chiffres inquiétants

La mobilisation militante et bénévole chez les libéraux aurait ainsi été reléguée au second plan. « Cette situation est d'autant plus critique alors que le financement est maintenant plafonné à 100 $ et que notre parti doit reposer sur une base militante large et engagée s'il veut maintenir sa vitalité délibérative et financière », fait remarquer M. Turcotte.

Il note que les membres ont nettement chuté de juin 2014 à décembre 2015, passant de 52 401 à 37 020, soit une perte de plus de 29 % de l'effectif en moins de deux ans. À ce rythme, le PLQ « se retrouverait sans aucun membre dans un peu plus de trois ans et demi ».

Un rapport « extrêmement bien accueilli »

Dans les officines du Parti libéral, le rapport serait « extrêmement bien accueilli », selon le directeur des communications, Maxime Roy. « Il est important de réfléchir constamment sur la place du militantisme au PLQ, ajoute-t-il. À l'heure des médias sociaux, le militantisme a changé. »

En entrevue à l'émission Midi info, Jérôme Turcotte a voulu tempérer ses propos en lançant un appel à l'importance d'avoir des débats et de susciter des réflexions.

« Si à chaque fois qu'il y a des débats dans les partis politiques, on les traite sous la forme de la dissension, de la division et de la fronde, c'est sûr que ça nuit à la capacité des militants de les tenir. »

Ce document interne de M. Turcotte risque de retenir l'attention des membres du PLQ ce week-end. Ils seront réunis dans le cadre d'un Conseil général à Laval. Dans l'invitation lancée aux membres, on y indique : « Venez débattre d'idées qui contribueront à faire avancer le Québec. »

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