À moins d'un mois du congrès national du Nouveau Parti démocratique, des militants expriment la nécessité pour leur parti de se repositionner à gauche. Certains vont même jusqu'à exiger une course à la direction pour remplacer le chef actuel, Thomas Mulcair.

Un texte de Raphaël Bouvier-AuclairTwitterCourriel

Un parti dans lequel ils ne se reconnaissent plus. Voilà comment plus de trente membres québécois du NPD le décrivent dans une lettre ouverte publiée dans Le Devoir. Du nombre, il y a trois anciens députés élus au moment de la vague orange en 2011 et défaits en octobre dernier. De 59 candidats élus au Québec à l'élection fédérale de 2011, le NPD est passé à 16 députés québécois.

Les signataires de cette lettre ouverte avancent, entre autres, qu'ils « ne se sentaient pas représentés par la plate-forme électorale » qu'ils devaient défendre pendant la dernière campagne. Ces militants québécois appellent à un renouvellement du Parti qui, selon eux, doit « retrouver ses valeurs fondatrices » et être plus progressiste.

Depuis les élections le terme « opposition progressiste » pour qualifier le NPD se fait beaucoup entendre, que ce soit de la bouche du chef, Thomas Mulcair, ou bien de celles des membres de son caucus.

L'ancienne députée de Portneuf-Jacques-Cartier, Élaine Michaud, est l'une des cosignataires de la lettre. Elle affirme qu'elle n'était pas à l'aise avec certaines positions du Parti, notamment sur le projet d'oléoduc Énergie Est, ou encore la nécessité d'atteindre l'équilibre budgétaire.

L'ancienne élue explique toutefois que les signataires de la lettre n'ont pas voulu encourager le départ de Thomas Mulcair. « L'objectif de la lettre n'était pas de dicter une façon de faire aux membres », dit-elle.

Une nouvelle course à la direction exigée

Le caucus socialiste du NPD, un groupe de gauche associé aux néo-démocrates, va encore plus loin que les militants québécois qui ont exprimé leur mécontentement. Il demande purement et simplement une course à la direction. Cette organisation a aussi exigé dans le passé une course à la direction pour remplacer la chef du NPD ontarien, Andrea Horwath.

La députée manitobaine du NPD Niki Ashton estime normal que des membres du Parti échangent sur l'avenir de leur formation politique.

Niki Ashton n'a toutefois pas voulu se prononcer sur l'appui que devrait obtenir Thomas Mulcair de la part des membres du Parti pour demeurer à la barre de sa formation politique.

Congrès le mois prochain à Edmonton

Les membres du NPD doivent se retrouver à Edmonton, en Alberta, du 8 au 10 avril pour leur congrès national. C'est à ce moment qu'ils devront se prononcer lors d'un vote sur la nécessité ou non de tenir une nouvelle course à la direction.

La présidente du Parti, Rebecca Blaikie, a affirmé que dans les consultations postélectorales, le chiffre de 70 % est revenu comme appui que devrait obtenir Thomas Mulcair pour rester en poste. 

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