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Un poète haïtien enchanté de l’élection de Jovenel Moïse

Le poète, enseignant et fondateur de l'organisme École haïtienne sans frontières, Bathelémy Bolivar, qui vit depuis plusieurs années à Winnipeg, est heureux du choix du nouveau président haïtien.

« Il semble avoir une vision. […] Il semble avoir les bonnes intentions pour faire bien fonctionner le pays. Mais il a des forces assez puissantes contre lui », avance Bathelémy Bolivar.

Jovenel Moïse, le candidat du parti du président sortant, Michel Martelly, a remporté dès le premier tour l'élection présidentielle avec 55,67 % des suffrages, a annoncé lundi la commission électorale selon des résultats encore provisoires.

Écoutez l’entrevue de Bathelémy Bolivar avec Martine Bordeleau à l’émission Le 6 à 9

Bathelémy Bolivar décrit le nouveau président comme étant un jeune homme dans la fin quarantaine, qui vient d’un milieu modeste du nord du pays. « Il s’est lancé de façon assez imprévisible. Ce n’est pas un politicien de carrière, mais un entrepreneur qui s’est lancé en politique. »

Avec Michel Martelly, les Haïtiens avaient plutôt choisi un artiste au lieu d’un homme politique.

« Jovenel Moïse semble plus modéré, plus mesuré dans ses propos et dans ses discours », ajoute Bathelémy Bolivar qui dit que les défis qui attendent le nouveau gouvernement sont multiformes.

« D’abord il faut un consensus national. Les Haïtiens doivent s’entendre sur les grandes orientations du pays pour les prochains 40 à 50 ans, mentionne l’enseignant. Dans un second temps, il faut mettre le pays en chantier. […] Les moyens ne sont pas énormes, mais Haïti a beaucoup de ressources naturelles sur lesquelles le pays peut compter. »

Il faut avoir un gouvernement assez fort pour pouvoir justifier ses positions pour aller de l’avant avec le pays.

Bathelémy Bolivar

Jovenel Moïse et sa rivale Maryse Narcisse, candidate du parti Fanmi Lavalas soutenue par l'ancien président Jean-Bertrand Aristide, revendiquaient tous deux la victoire après le scrutin du 20 novembre.

Le taux de participation du scrutin du 20 novembre a été d'environ 21 %.

Les Haïtiens ont voté pour désigner un nouveau président après l'invalidation pour fraude d'un scrutin organisé en octobre 2015.

Le pays est encore meurtri par le passage au début du mois d'octobre de l'ouragan Matthew, qui a fait un millier de morts, détruit les récoltes et provoqué une épidémie de choléra.

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