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Un projet de loi adopté à l'Île-du-Prince-Édouard... avec l'aide de Theo Fleury

Theo Fleury vient peut-être d'inscrire son premier but dans l'arène politique. L'ancien joueur de hockey a aidé l'opposition officielle à l'Île-du-Prince-Édouard à faire adopter un projet de loi accordant un congé automatique aux travailleurs qui sont victimes d'agression sexuelle ou de violence familiale.

Un texte de François Pierre Dufault

C'était un moment d'une rare intensité à l'Assemblée législative.

Les progressistes-conservateurs avaient invité Theo Fleury, lui-même victime d'abus sexuel alors qu'il était adolescent, pour qu'il témoigne devant les parlementaires qui étudiaient le projet de loi privé du député Steven Myers en deuxième lecture.

L'ancien attaquant qui a évolué pendant 19 saisons dans la Ligue nationale de hockey (LNH) a parlé ouvertement des démons qui l'ont longtemps habité.

« Les traumatismes sont au coeur de tous les problèmes de notre société », a déclaré Theo Fleury d'entrée de jeu. « Les traumatismes mènent aux dépendances. Il faut reconnaître ses traumatismes pour être en mesure d'en guérir. »

On aurait pu entendre une mouche voler à l'Assemblée législative pendant le témoignage de l'ancien numéro 14 des Flames de Calgary, qui a brisé le silence en 2009 sur les traumatismes qu'il a subis étant jeune et qui milite depuis pour un traitement « plus holistique » des problèmes de santé mentale.

De l'avis de Theo Fleury, il faut du temps pour guérir d'un traumatisme comme une agression sexuelle.

Un peu de temps, c'est ce que propose Steven Myers dans son projet de loi. En vertu des changements qui seront apportés à la Loi sur les normes du travail, les victimes d'agression sexuelle ou de violence familiale pourront prendre trois jours de congé payés afin d'aller chercher l'aide dont ils ont besoin.

Le ministre libéral de la Main-d'oeuvre et de l'Enseignement supérieur, Sonny Gallant, a proposé un amendement au projet de loi, afin de garantir aux victimes sept jours de congé supplémentaires non rémunérés qu'elles pourront prendre à leur discrétion, sur une période d'un an.

Les 27 députés de l'Île-du-Prince-Édouard ont donné un appui unanime au projet de loi tel qu'amendé, et ce, en moins d'une heure. Le document doit être lu une troisième fois avant de recevoir la sanction royale. Il s'agit là d'une formalité, étant donné le soutien de la majorité libérale.

« Nous allons faire tout ce qui est nécessaire pour bien faire les choses », a résumé le ministre des Finances, Heath MacDonald.

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