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Un rapport dévoile un retard de salaire dans la fonction publique

Alors que le gouvernement est en pleines négociations avec le secteur public, un rapport de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ) a révélé jeudi que les fonctionnaires québécois affichent un retard de salaire de 10 % par rapport au privé. Par contre, du côté de la rémunération globale, ils sont à parité avec le privé. 

Cette année le rapport déposé par l'ISQ tombe dans une période particulièrement tendue. 

L'Institut de la statistique confirme que la situation de l'administration québécoise s'est détériorée depuis 2009

Quelques 500 000 syndiqués de la fonction publique sont toujours en négociations avec le gouvernement Couillard pour le renouvellement de leurs conventions collectives.

Ce jeudi, ils ont voté une nouvelle journée de grève, le 9 décembre prochain. 

Le rapport Rémunération des salariés. État et évolution comparés 2015, dresse un portrait de la rémunération de l'administration publique comparativement aux autres secteurs d'emplois.

Les employés de l'administration publique québécoise affichent un retard de 10 % quant au salaire par rapport à leurs pairs du privé, et de 12,9 % si on inclut le secteur « autre public ». 

Toutefois, au chapitre de la rémunération globale, qui tient compte à la fois des salaires, des avantages sociaux et des heures de présence au travail, l'administration québécoise présente un retard de 7,9 % face à l'ensemble des autres salariés québécois.

Au cours d'une entrevue, la vice-présidente de la CSN, Francine Lévesque, responsable de la négociation du secteur public, a vu dans ces constatations de l'ISQ des arguments qui viennent étayer la thèse du front commun voulant que les employés du secteur public aient un rattrapage salarial à faire.

Interrogé sur cette question jeudi, M. Coiteux a de nouveau nié l'existence de cette forme d'appauvrissement au sein du secteur public.

« La rémunération dans le secteur public au cours des 15 dernières années a augmenté plus que l'inflation. Il n'y a pas eu d'appauvrissement. Dans les offres que l'on fait, il n'y en a pas non plus, d'appauvrissement, a-t-il martelé. Et puis, on a des conditions qui sont extrêmement favorables. La sécurité d'emploi et le régime de retraite à prestations déterminées, on ne mesure pas la valeur de ça dans les enquêtes statistiques, mais c'est très important. »

Les fonctionnaires travaillent moins

Fait intéressant, en tenant compte de la rémunération globale, les secteurs de l'administration publique et du privé sont à égalité. Ceci est expliqué par la semaine de travail plus courte des fonctionnaires (35h/ semaine) et le nombre plus élevé de congés payés dont ils bénéficient.

La semaine de travail moyenne dans l'administration publique est de 35,9 heures alors qu'elle est de 37,8 heures au privé. Au bout du compte, cela fait en sorte que les fonctionnaires travaillent 2,75 semaines de moins chaque année.

Toutes variables confondues, l'administration publique n'afficherait pas de retard par rapport au privé.

Par contre, en comparant avec le secteur « autre public », les fonctionnaires affichent un retard de 26,3 % au niveau de la rémunération globale. Le chiffre s'alourdit davantage en incluant uniquement le secteur municipal, soit -39,5 %.

Plus d'avantages sociaux, plus de cotisations

Les fonctionnaires québécois déboursent plus que le privé pour leurs avantages sociaux, mais ils en ont davantage. Toutefois, ils déboursent moins que les autres salariés du secteur « autre public ».

À tire d'exemple, un employé du ministère de la Santé consacre une moins grande part de son salaire à ses assurances qu'un employé de la SAQ.

Martin Coiteux, président du Conseil du Trésor, base son argumentaire sur les avantages sociaux afin de justifier les baisses de salaire dans le secteur public. 

« Je pense qu'au-delà de ça [le salaire], ce qu'il faut considérer, c'est qu'on offre la sécurité d'emploi, ce qui n'existe pas dans le secteur privé avec lequel le secteur public est déjà en équivalence », a indiqué M. Coiteux.

Les autres salariés seront au pair avec l'inflation

En se basant sur les conventions collectives existantes du ministère du Travail, de l'Emploi, de la Solidarité sociale et en consultant des enquêtes de maisons d'experts-conseils, l'ISQ prévoit que ces salariés auront un salaire qui leur donnera un gain de pouvoir d'achat.

Étant donné que la plupart des conventions collectives de l'administration publique sont échues depuis mars 2015, l'ISQ n'a pu faire de comparaisons. 

Cependant, il est dévoilé que les autres salariés auraient des augmentations salariales salariales moyennes de 2 % par année, pour 2015 et 2016. 

Selon les données disponibles sur le taux d'inflation prévu, soit de 1,2 % en 2015 et 1,8 % en 2016, l'ISQ conclus que ces salariés auront un salaire de pair avec l'inflation, voire légèrement plus élevé. 

Jusqu'à présent, les offres gouvernementales faites aux fonctionnaires sont en deçà de l'inflation.

Rappelons que le gouvernement offre aux employés de la fonction publique deux années de gel salarial et trois années avec des augmentations limitées à 1 % par année.

Il a toutefois bonifié son offre de départ en modifiant l'ordre des années, de façon à ce qu'une augmentation de 1 % soit versée plus tôt dans le cadre d'une nouvelle convention collective. 

Or, dans sa contre-proposition, le front commun intersyndical demande une augmentation équivalant à 2,9% pour la première année. 

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