Le Comité des transports de la Ville d'Ottawa a donné son appui, mercredi matin, au tracé et aux grandes lignes de ce qui va devenir la phase 3 du train léger. Ce dernier devrait se rendre jusqu'à Kanata, dans l'ouest de la ville, un prolongement qui sera construit après 2031.

Un texte de Stéphane Leclerc

La phase 1 du train léger s’arrêtera au Pré Tunney, à l’ouest du centre-ville. Dans la phase 2 du projet, toujours vers l’ouest de la ville, on prolongera le rail jusqu’à la promenade Moodie. La construction de la phase 2 débutera l’an prochain et devrait se terminer en 2023.

La phase 3 prolongera le rail encore plus à l’ouest, en longeant d’abord l’autoroute 417, puis en contournant au sud le Centre Canadian Tire, site de l’actuel aréna des Sénateurs d’Ottawa. La dernière station de cette phase 3 sera située à l’angle du chemin Hazeldean et de la promenade Huntmar.

En tout, le projet représente 11 km de rail et 8 stations de plus au réseau, pour un coût estimé à 1,85 milliard de dollars.

Au total, 13 routes ont été évaluées, mais c’est celle-ci qui a été choisie. La Ville d'Ottawa estime que 90 % des résidents du secteur habitent à moins de 5 km d’une des futures stations.

Une fois complétée, la phase 3 permettra à un usager du train léger de traverser la ville depuis le chemin Trim, à Orléans, dans l’est de la ville, jusqu’au Centre Canadian Tire, à Kanata, à l’ouest. Ce trajet parcourra une cinquantaine de kilomètres.

C'est une longue balade qui pourrait valoir la peine pour un amateur des Sénateurs d’Ottawa, advenant que le propriétaire de l’équipe décide de ne pas déménager son aréna aux plaines LeBreton.

Après le tunnel, une rame de train surélevée

Si la construction du tunnel du train léger sous le centre-ville d’Ottawa a représenté tout un défi, la construction de la phase 3 comportera elle aussi quelques défis particuliers d’ingénierie.

Le train circulera en partie sur une rame surélevée située à 4,5 m du sol, un peu comme le Sky Train de Vancouver. Sur les 11 km de rail prévus pour cette phase, 4 seront surélevés et desserviront les 4 dernières stations de ce segment.

Cet élément du concept vise à permettre au train de circuler librement dans les zones plus densément peuplées de Kanata, sans possibilité de conflits avec la circulation automobile.

Pourquoi maintenant?

On peut se demander pourquoi la Ville d’Ottawa procède si rapidement à la conception détaillée d’un projet, dont on ne pourra commencer la construction avant une douzaine d’années, après 2031.

La réponse est à la fois politique et pratique, selon le directeur général d’OC Transpo, John Manconi. Avec la phase 1 presque terminée et la phase 2 qui commencera l’an prochain, l’énergie et l’enthousiasme pour ce projet sont là, affirme M. Marconi.

« On a beaucoup de momentum et c’est important, parce que quand vous avez une période d’arrêt trop longe, vous n’êtes pas prêts quand l’argent arrive. Alors la phrase qu’on utilise ici c’est : "Nous sommes 'shovel ready' [prêt à construire]"! », dit-il.

Pourquoi attendre?

Si certains peuvent penser que la Ville avance trop vite avec cette phase 3 jusqu’à Kanata, d’autres trouvent que ce n’est pas encore assez rapide.

La conseillère du quartier Kanata-Nord, Marianne Wilkinson, se réjouit de voir que le train léger va finalement, un jour, desservir les citoyens de son quartier, en plein développement... Sauf qu’elle estime que d’attendre jusqu’en 2031 pour lancer la construction est une erreur.

Selon Mme Wilkinson, il faut profiter du contexte politique actuel avant qu’il ne change, avec un gouvernement fédéral qui est prêt à investir dans le transport en commun, pour saisir les possibilités d’engagement financier.

Quoi qu’il en soit, le projet doit d’abord être soumis au vote du conseil municipal la semaine prochaine. Une étape qui ne devrait être qu’une formalité.

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