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Une coalition demande à l'Alberta de réduire ses subventions aux écoles privées

Une coalition de 17 organismes et syndicats liés au système d'éducation publique a demandé lundi au gouvernement albertain de réduire le financement qu'il accorde aux écoles privées.

« Nous demandons que dans son budget 2018, le gouvernement fasse passer de 70 % à 50 % ses subventions aux écoles privées », a affirmé Joel French, le directeur général de l'organisme Public Interest Alberta autour duquel s'est formée la coalition.

L'économie permettrait de distribuer 30 millions de dollars supplémentaires dans un réseau public à bout de souffle, de l'avis des représentants syndicaux présents à l'annonce.

Selon Bob Anderson, vice-président du local 40 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) qui s'occupe des travailleurs d'entretien des écoles de Calgary, la vétusté des établissements est telle qu'elle met la vie des élèves en danger.

Les chauffe-eau menacent d'exploser, selon lui, et les employés d'entretien n'ont plus que cinq minutes pour nettoyer les classes. Et comme le temps manque souvent, les élèves n'ont d'autres choix que d'apprendre à l'intérieur de salles de classe à la propreté douteuse.

Pendant que le système public crie famine, ajoute-t-il, le collège Rundle, une école d'élite où les frais d'inscriptions dépassent 12 000 $, les élèves jouissent du troisième meilleur terrain de football de la métropole et de laboratoires dignes de l'Université de Calgary.

Tout en étant financé, à hauteur de 70 %, par le trésor public, déplore Bob Anderson.

Le président de l'Association des enseignants de l'Alberta, Greg Jeffery, abonde dans le même sens.

« Nous ne sommes pas contre l'école privée, insiste-t-il. Nous sommes contre l'investissement de fonds publics pour financer ce système. »

Marlee Roberts, qui représente 10 000 travailleurs et travailleuses au sein des écoles publiques, croit que les établissements privés déséquilibrent la totalité du système.

La riposte du privé

Les établissements d'éducation privés, de leur côté, voient la réalité d'un autre oeil.

« Dans les faits, l'État économise de l'argent en finançant les écoles privées », pense John Jagersma, le directeur général de l'Association des écoles et des collèges indépendants de l'Alberta.

Les frais d'infrastructure sont toutefois inclus dans le montant qui concerne les élèves du public, alors qu'ils ne le sont pas inclus dans la somme consacrée, en moyenne, aux élèves du privé.

M. Jagersma maintient que 83 % des familles qui envoient leurs enfants à l'école privée gagnent moins que la moyenne des Albertains, rappelant que l'appellation « privée » regroupe autant des écoles d'élite que des écoles confessionnelles.

Le ministre albertain des Finances, Joe Ceci, présentera son budget le 22 mars prochain.

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