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Une coalition demande la réinitialisation de l'ENFFADA

Une coalition qui représente quelque 250 personnes réclame que l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) soit réinitialisée pour donner plus de place aux familles et aux communautés autochtones, tout en préservant les témoignages déjà recueillis.

Plus de 180 membres de familles de victimes et 80 sympathisants ont signé une lettre ouverte adressée au premier ministre, Justin Trudeau. Depuis sa mise en place, l'enquête a vu de nombreux responsables partir, dont la commissaire Marilyn Poitras, de la Saskatchewan, qui critiquait son aspect « colonial ».

Les signataires reprochent à l’ENFFADA d'avoir pris un mauvais départ parce qu’elle n’aurait pas suffisamment inclus les familles et les communautés touchées.

La lettre dit également que l’Enquête est construite sur un modèle colonial et perpétue ainsi le racisme institutionnel. Elle ajoute que de nombreux dommages ont été occasionnés par la commission, ce qui a entaché la confiance des familles et des communautés concernées.

Julie Kaye, chercheuse en sociologie à l’Université de la Saskatchewan et signataire de la lettre, explique que celles-ci se sont senties laissées pour compte.

Lors de son assemblée annuelle à Regina en juillet, l'Assemblée des Premières Nations a voté pour une motion demandant de réinitialiser et de changer le mandat de l'enquête nationale. Par contre, lors de la même assemblée, la motion demandant de remplacer les commissaires en poste n’est pas passée.

À ce moment, la ministre des Affaires autochtones, Carolyn Bennett, avait dit que la commission répondait aux appels de réinitialisation en améliorant son soutien et sa communication avec les familles.

Le mois dernier, les commissaires de l’Enquête ont demandé au gouvernement fédéral une prolongation de deux ans de leur mission, invoquant notamment de nombreuses démissions, des problèmes logistiques et un manque de ressources.

La semaine dernière, l’ENFFADA a nommé une nouvelle directrice, Debbie Reid, ancienne conseillère de l’Assemblée des Premières Nations, alors même que la commission venait encore une fois de perdre deux membres clés, Susan Vella et Aimée Craft, qui ont démissionné.

Un premier rapport intermédiaire de l’ENFFADA devrait sortir au mois de novembre. Le rapport final est prévu pour l’année prochaine.

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