Retour

Une délégation policière canadienne pour maintenir la paix en Colombie

Le Canada enverra jusqu'à dix policiers en Colombie afin qu'ils contribuent à faire respecter la trêve entre le gouvernement et les guérilléros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) dans le cadre d'un effort international, a appris CBC.

Certains devraient se retrouver sous l’égide des Nations unies, tandis que d’autres feront partie d’un déploiement bilatéral et seront soumis à l’autorité de la police nationale colombienne.

Le ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale et son homologue des Affaires étrangères Stéphane Dion ont entériné cette proposition, présentée en juillet dernier, selon des documents obtenus par la CBC en vertu de la Loi sur l’accès à l’information. Elle cadre avec le souhait du gouvernement de Justin Trudeau de relancer les opérations canadiennes de maintien de la paix.

Il reste à déterminer le moment de ce déploiement. Mais il est question qu’il dure jusqu’en mars 2019.

La mission n’est pas sans risques, précisent les documents.

La Colombie continue de faire face à des défis importants à cause des violences associées aux guérillas [autres que les FARC] et aux groupes paramilitaires, aux mines antipersonnel, au crime organisé et au trafic de drogue.

Documents fédéraux obtenus en vertu de la Loi sur l’accès à l’information

Un expert des dossiers militaires, Dave Perry, de l’Institut canadien des affaires mondiales, estime néanmoins que la mission canadienne en Colombie serait relativement paisible.

Elle serait « plutôt typique des opérations historiques de l’ONU » qui sont de plus en plus rares, selon lui.

Il n’arrive pratiquement plus qu’on envoie des gens surveiller un cessez-le-feu où les parties souhaitent la fin des hostilités et déposent volontairement les armes.

Dave Perry, de l’Institut canadien des affaires mondiales

Stratégie en développement

La stratégie gouvernementale, qui devrait inclure le déploiement de jusqu’à 600 soldats et 150 policiers en divers endroits du monde, devait être annoncée avant les Fêtes. Mais le gouvernement a préféré reporter le tout après le lac-à-l'épaule du cabinet qui aura lieu plus tard ce mois-ci à Calgary.

Le Mali, la République centrafricaine et la République démocratique du Congo font partie des destinations possibles de délégations militaires du Canada.

Il a moins été question des endroits où pourraient se retrouver les policiers canadiens, mais les documents mentionnent l’Ukraine, le Cambodge, les Philippines et l’Irak.

À la fin juin, l’ONU avait demandé au Canada de prêter « un nombre non spécifié d’observateurs policiers parlant espagnol » à son contingent de 350 hommes et femmes censés surveiller le respect du cessez-le-feu conclu par le président de Colombie Juan Manuel Santos et les dirigeants des FARC.

Mais Ottawa était alors déjà en discussion bilatérale avec Bogota. Le Canada souhaitait contribuer au processus de paix mettant fin à 52 ans de conflits qui ont coûté la vie à 220 000 personnes.

Le gouvernement Trudeau s’était aussi montré ouvert aux demandes de la Colombie à l’occasion du Sommet des leaders nord-américains, en juin, à Ottawa. Le Mexique avait annoncé à peu près au même moment qu’il comptait prendre part à la mission de l’ONU et mettre sur pied un centre d’entraînement de maintien de la paix.

D’après les documents obtenus, il y avait l’été dernier 82 policiers canadiens en mission de maintien de la paix dans le monde, la grande majorité en Haïti.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine