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Une firme canadienne liée au scandale Facebook devant le Comité de l’éthique des Communes

Un dirigeant d'une entreprise de publicité en ligne de Victoria a été questionné mardi par des députés de plusieurs partis. Certains ont accusé AggregateIQ d'avoir brouillé certaines informations, des allégations réfutées par le directeur des opérations de la firme, Jeff Silvester.

Il dément les accusations voulant que sa compagnie ait menti à propos du travail qu’elle a effectué en 2016, dans le cadre du référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

« Nous n’essayons pas d’obscurcir ou de cacher quoi que ce soit », a affirmé Jeff Silvester.

Selon lui, l’entreprise a été tout à fait coopérative avec le Comité permanent de l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique de la Chambre des communes.

Jeff Silvester soutient que les réponses que lui et le directeur général d’AggregateIQ, Zackary Massingham, ont fournies aux membres du comité lors d’une rencontre en avril dernier étaient « précises et véridiques ».

Une controverse internationale

Le directeur des opérations d’AggregateIQ a été questionné par le comité de l’éthique des Communes par rapport à l’implication de la firme dans la controverse internationale sur les données personnelles des utilisateurs de Facebook.

L’entreprise britanno-colombienne est liée à Cambridge Analytica, la firme de consultation soupçonnée d'avoir utilisé des informations privées tirées de Facebook pour soutenir des campagnes politiques, dont celle en faveur du Brexit et celle de Donald Trump en 2016.

AggregateIQ fait l’objet d’enquêtes des commissariats à la protection de la vie privée du Canada et de la Colombie-Britannique et du commissariat à l’information du Royaume-Uni. L'entreprise est accusée d'avoir permis à la campagne pro-Brexit de dépasser ses limites de dépenses.

En avril, Jeff Silvester a indiqué au comité de l’éthique des Communes que sa firme a fourni des services à quatre organisations favorables au Brexit, soit Vote Leave, BeLeave, Veterans for Britain et le Parti unioniste démocratique. Le travail d’AggregateIQ était de cibler des électeurs pour des campagnes de publicité sur les médias sociaux.

À deux reprises, l’organisation Vote Leave a payé AggregateIQ pour le travail effectué pour d’autres groupes pro-Brexit, incluant un paiement de 625 000 livres sterling pour BeLeave.

Un ancien bénévole de la campagne en faveur de la sortie de l’Union européenne a soutenu que Vote Leave et BeLeave s’étaient servis d’AggregateIQ pour dépasser les limites de dépenses permises.

Le démenti d'Aggregate IQ

Jeff Silvester a déclaré mardi devant le Comité de l'éthique des Communes que ces accusations ne sont pas soutenues par des faits et qu’il ne s’agit que de spéculations en provenance d’un tiers parti.

La rencontre de trois heures a mal commencé pour le directeur des opérations d’AggregateIQ, les députés étant mécontents de l’absence du directeur général de la firme Zackary Massingham, malgré une convocation officielle. Celui-ci a évoqué des raisons de santé pour justifier son absence.

La députée libérale et vice-présidente du comité, Nathaniel Erskine-Smith, a indiqué qu’une discussion à huis clos aurait lieu après la rencontre avec Jeff Silvester pour déterminer si l’absence de Zackary Massingham pourrait être considérée comme un outrage au Parlement.

Avec des informations de La Presse canadienne et de CBC

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