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Une journée dans les coulisses de la campagne du NPD en Ontario

Le Nouveau Parti démocratique de l'Ontario conserve sa courte avance sur le Parti progressiste-conservateur dans les sondages à trois jours du vote. Peu importe si elle devient première ministre ou chef de l'opposition officielle, c'est tout un tour de force pour Andrea Horwath, qui dirige le NPD ontarien depuis 2009.

Un texte de Philippe Leblanc

Son parti partait loin derrière les conservateurs de Doug Ford au début de cette campagne électorale, et même en troisième position selon plusieurs sondages, en dépit du fait qu'elle était la chef de parti la plus populaire dans la province.

Nous avons passé une journée dans les coulisses de la campagne de la leader néo-démocrate vendredi dernier pour comprendre comment elle a orchestré cette remontée dans l'opinion publique.

8 h 30 - Toronto

Andrea Horwath monte à bord de l'autocar de campagne. Son visage est lumineux lorsqu'elle salue un à un les journalistes et les membres de son équipe.

Son large sourire dissimule l'attaque qu'elle entend porter aux libéraux dans les minutes suivantes.

9 h 05 - Toronto

Dans la circonscription de la chef libérale, Kathleen Wynne, Andrea Horwath appelle les Ontariens à se joindre à elle. Elle affirme que l'élection est devenue une course à deux entre Doug Ford et elle-même. Le lendemain, Kathleen Wynne lui donnera raison en disant qu'elle n'a plus de chances d'être reportée au pouvoir.

« Ce qui est différent cette fois-ci, nous explique Andrea Horwath en entrevue à l'arrière de son autocar de campagne, c'est que les Ontariens sont rendus ailleurs politiquement. Ils sont plus réceptifs. Ils sont insatisfaits de ce gouvernement libéral qui est là depuis 15 ans et ils ne voient pas comment les solutions avancées par Doug Ford pourraient les aider. »

9 h 45 - Toronto

À l'arrière de l'autocar de campagne, Andrea Horwath s'assoit avec son équipe pour discuter des deux journées à venir, des circonscriptions qu'elle visitera.

Cette réunion de planification quotidienne est souvent l'occasion de déterminer les objectifs à atteindre lors des rencontres avec les journalistes et des activités avec ses partisans. Son avance dans les sondages ne l'influence pas, nous dit-elle.

« Je ne pense jamais à ces résultats, explique Andrea Horwath. Il y a des membres de l'équipe pour s'en faire avec ça. En fait, je ne lis jamais les journaux. C'est toute une confession! »

12 h 30 - Toronto

La leader néo-démocrate assiste à la levée du drapeau de la fierté gaie devant l'hôtel de ville de Toronto. L'événement marque le début du mois de la fierté dans la Ville Reine.

Andrea Horwath est la seule des chefs de parti en Ontario sur place pour l'occasion.

15 h 15 - St. Catharines

Andrea Horwath visite le Centre de traitement de santé mentale Pathstone et répète la promesse de son parti d'investir davantage dans les soins de santé mentale.

Le NPD a fait de la santé le fer de lance de sa campagne en proposant d'élargir l'assurance médicaments et la couverture dentaire des Ontariens. Andrea Horwath répète régulièrement qu'elle veut réduire les listes d'attente dans les hôpitaux.

« Je ne pense pas avoir visité un seul endroit de la province où les gens ne sont pas venus me conter des histoires sur le système de santé qui les laissait tomber, dit-elle. Notre programme électoral est tiré de mon expérience de leader et de ce que j'ai entendu en discutant avec les Ontariens de partout. »

16 h 45 - Welland

Des dizaines de partisans acclament Andrea Horwath venue visiter le bureau électoral de la circonscription de Niagara Centre. Alors qu'elle rencontre individuellement les bénévoles, l'un d'entre eux s'approche d'elle pour lui murmurer une confession à l'oreille.

« Je peux vous dire quelque chose? demande le jeune homme. Je ne vous ai pas appuyée lors du vote de confiance du parti. Vous avez par contre renversé la vapeur et j'en suis très heureux. Merci beaucoup d'avoir accompli ça. »

« C'est un plaisir », lui répond Andrea Horwath, le sourire aux lèvres.

17 h 15 - Welland

Pour la première fois en 11 ans, et fait rare pour un leader de parti, Andrea Horwath fait du porte-à-porte. Celle qui dirige le NPD depuis 2009 n'avait pas eu l'occasion d'en faire lors des campagnes électorales de 2011 et 2014.

Elle assure que c'est ce genre de contact direct avec les électeurs qui l'a toujours motivée, même avant son entrée en politique municipale comme conseillère à Hamilton, en 1997.

« Avant même de faire de la politique, j'ai fait de l'organisation communautaire, explique-t-elle. Je viens de Hamilton. J'ai travaillé avec les familles à faibles revenus. Hamilton est une ville industrielle et j'ai travaillé sur les enjeux environnementaux. L'important a toujours été la communauté pour moi. En faisant du porte-à-porte, il y a cette interaction, cette connexion, cet échange d'idées. Je ne suis pas du genre à écouter uniquement les experts. »

18 h 30 - sur la route entre Welland et Toronto

Andrea Horwath nous accorde une entrevue exclusive à l'arrière de son autocar de campagne. Derrière elle, on peut voir des dessins d'enfants accrochés sur le mur. On y trouve aussi la lettre d'encouragement d'une jeune fille qui affirme qu'Andrea Horwath va changer le monde. C'est le regard qu'une enfant peut poser sur le monde.

Mais il y a à peine cinq semaines, peu d'Ontariens croyaient même que la leader néo-démocrate pourrait changer quoi que ce soit dans la province.

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