Les citoyens à la recherche d'un médecin de famille pourront désormais s'inscrire en tout temps sur une liste universelle de la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) afin d'être repêchés par un médecin de famille en manque de patients.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a officiellement lancé mardi son guichet d'accès à un médecin de famille (GAMF), qui remplace les précédentes listes régionalisées. Les patients et les médecins de famille continueront néanmoins d'être jumelés en fonction de leur lieu de résidence et de pratique.

Les trois conditions pour s'inscrire sur la liste du GAMF :

  • Être âgé de 14 ans et plus;
  • Détenir une carte d'assurance-maladie valide;
  • Avoir une adresse de résidence au Québec.

Un bref questionnaire médical permettra aux gestionnaires du guichet de classer les demandeurs en ordre de priorité médicale. Un patient présentant un problème de santé chronique sera ainsi privilégié par rapport à un citoyen en parfaite santé.

Les enfants de moins de 14 ans devront être inscrits par un adulte.

Les gens qui n'ont pas accès à Internet pourront s'inscrire par téléphone par l'entremise de leur guichet d'accès local disponible sur le portail de santé mieux-être (voir le lien plus bas).

Le choix du médecin

Une fois inscrit dans la banque de données centralisées, le patient devra attendre l'appel d'un médecin de famille. Ces derniers pourront consulter la liste pour choisir de nouveaux patients lorsqu'ils auront des places disponibles.

Le ministre Barrette soutient que la banque de données permettra aux gestionnaires de vérifier le comportement des médecins. Le ministère effectuera « une intervention » auprès des médecins qui ne prendront que de jeunes citoyens en pleine santé au détriment des clientèles plus fragiles.

M. Barrette a toutefois refusé de préciser quel genre d'intervention serait faite ou s'il y aurait des conséquences pour les médecins récalcitrants.

Changement de pratique

Le ministre Barrette invite les Québécois sans médecins de famille à s'inscrire sur la liste dans le but de créer une pression sur les médecins pour qu'ils acceptent plus de patients.

Les médecins devront respecter un nombre de patients, un taux d'assiduité de 80 % et un taux d'actes médicaux particuliers afin de conserver leur rémunération. S'ils ratent une seule de ces cibles, ils verront leurs revenus amputés de 30 %.

Le ministre Barrette soutient que les médecins devront changer leurs pratiques afin de respecter les cibles fixées par la loi 20. Par exemple, un patient devra pouvoir obtenir un rendez-vous avec son médecin de famille dans les trois jours suivant une requête, 8 fois sur 10, sans quoi le médecin sera pénalisé.

Ce nouvel outil permettra au ministère de la Santé d'assurer la prise en charge par un médecin de famille pour 85 % des Québécois d'ici la fin de l'année 2017, selon les estimations du ministre.

L'opposition officielle, lors de l'adoption de la loi 20, avait émis la crainte que cette réorganisation du travail n'entraîne une augmentation des coûts du système de santé, puisque les médecins sont rémunérés à l'acte. La porte-parole de l'opposition officielle en matière de Santé, la péquiste Diane Lamarre, estimait à ce moment que le gouvernement aurait tout intérêt à se tourner vers l'interdisciplinarité afin de résorber les difficultés du système de santé.

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