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Une mission commerciale vue d'un bon oeil par la diaspora indienne

La Chambre de commerce indo-canadienne applaudit à la décision d'Ottawa de renforcer ses relations économiques avec New Delhi. Le premier ministre Justin Trudeau, qui est de passage en Inde cette semaine, a annoncé mardi la signature d'une soixantaine de contrats et accords commerciaux d'une valeur d'un milliard de dollars.

Un texte de Jean-Philippe Nadeau

La Chambre de commerce indo-canadienne affirme qu'il s'agit peut-être de la plus importante mission commerciale du Canada en Inde. Son vice-président, Ajay Tandon, rappelle qu'il est temps de faciliter les échanges commerciaux qui ne s'élèvent qu'à 8 milliards de dollars par année.

M. Tandon ajoute que le premier ministre Justin Trudeau doit porter une attention particulière aux secteurs des mines, de l'agriculture et des technologies. « Les petites et moyennes entreprises qui représentent un pilier de l'économie indienne ne devraient pas non plus être laissées en plan », souligne-t-il.

Il rappelle en outre que le Canada compte une diaspora forte de 1,4 million de personnes qui n'attend qu'à multiplier les accords commerciaux avec des entreprises de la mère patrie.

C'est le cas de l'entrepreneur Sridhar Manathirtham qui possède trois restaurants indiens à Toronto. « Le premier ministre Trudeau est parti en Inde dans le but de créer des emplois ici, il en a promis 5000, et nous nous attendons à ce que de nombreuses compagnies indiennes investissent au pays, cela sera bon pour nous tous », explique-t-il.

La Chambre de commerce souligne enfin que l'Inde possède de nombreux atouts pour attirer des investissements étrangers : une main-d'oeuvre éduquée, une classe moyenne en plein essor, un bassin d'un milliard de consommateurs et un taux de change avantageux entre le dollar canadien et la roupie indienne.

M. Tandon précise par ailleurs que le Canada se doit de diversifier ses partenaires commerciaux compte tenu de la décision de l'administration Trump de renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain.

La professeure en développement international de l'Université Western, Prachi Srivastava, croit elle aussi que le Canada doit saisir la balle au bond, mais elle affirme que le Canada accuse 10 ans de retard par rapport à d'autres pays occidentaux qui ont été rapides à signer des contrats et des accords de libre-échange avec l'Inde.

Selon le magazine Forbes, le Canada ne figure même pas parmi les 15 premiers partenaires de l'Inde. « L'Inde est l'un des rares pays à ne pas avoir été touchée par la crise de 2008 », selon Mme Srivastava qui précise que l'Inde a réussi à maintenir depuis 10 ans des taux de croissance supérieurs à 6 %.

La professeure Srivastava explique que le Canada n'a pas su profiter de la croissance économique en Asie en général et en Inde en particulier, parce qu'il a porté toute son attention vers la Chine.

Les principaux partenaires commerciaux de l'Inde:

Prachi Srivastava ne voit pas par ailleurs trop d'obstacles qui pourraient surgir à l'horizon entre les deux pays, mis à part peut-être la condition féminine qui tient particulièrement à cœur à M. Trudeau. « Je ne suis pas convaincue que les premiers ministres Trudeau et Modi partagent la même vision en matière de politique d'aide internationale féministe par exemple », explique-t-elle.

Le regroupement d'associations indiennes Panorama India reconnaît qu'il y a encore du travail à faire à ce chapitre. Sa présidente, Anu Srivastava, affirme que les inégalités entre les sexes s'observent surtout en milieu rural.

Anu Srivastava ajoute que l'Inde et le Canada ont beaucoup de similarités : ce sont deux démocraties multiculturelles et multiconfessionnelles avec le même héritage britannique et l'anglais comme langue commune. « La mission de M. Trudeau a donc aussi pour objectif de resserrer les liens culturels entre les deux pays et le Canada part avec une longueur d'avance par rapport à d'autres nations », conclut-elle.

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