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Une municipalité albertaine reverse plusieurs millions à ses voisins

Le district municipal de Bonnyville encaisse chaque année plus de soixante millions de dollars d'impôts liés à l'activité pétrolière dans la région, une manne qui échappe largement aux petites municipalités environnantes. C'est pourtant là que vivent la grande majorité des résidents et les municipalités peinent à financer les infrastructures nécessaires.

Dépasser la division rural-urbain

C'est une des raisons de la collaboration entre le district municipal et les municipalités qui se trouvent sur son territoire. Le service des pompiers est commun depuis des années déjà et le district a contribué au financement d'infrastructures comme les centres récréatifs.

Depuis cette année, le district va plus loin et a mis une partie de ses revenus à la disposition des municipalités de Cold Lake, Bonnyville et Glendon pour financer leurs infrastructures. Les cinq millions de dollars représentent plus de 5 % du budget du district.

Quand on voit que les municipalités ont besoin d'aide pour être viables, il vient un moment où tu fais les choses pour essayer de les aider.

Ed Rondeau, préfet du district municipal de Bonnyville

Cette coopération est plutôt rare en Alberta. L'accélération de l'activité pétrolière et de l'exploitation du bitume depuis une dizaine d'année dans la région a aidé en fournissant des ressources supplémentaires, commente le préfet Ed Rondeau : « Ça représentait beaucoup plus de revenus au district municipal de Bonnyville. C'était plus facile de travailler ensemble. »

Économies d'échelle

Dans le cas des routes de Bonnyville, la collaboration permet de réaliser des économies de 15 à 20 %, estime le maire Gene Sobolewsky. Les portions situées de part et d'autre de la frontière sont rénovées en même temps, ce qui augmente la taille du chantier et fait baisser mécaniquement les coûts.

Ailleurs dans la province, la coopération permet à deux ou trois municipalités de mettre leurs moyens en commun pour construire un seul grand centre récréatif commun au lieu de deux, ajoute Al Kemere, le président de l'Association albertaine des comtés et des districts municipaux. « Ça ne sert à rien d'avoir deux municipalités qui paient pour le même service quand elles sont voisines et qu'en collaborant elles peuvent faire mieux. »

Il reconnaît que ce travail en commun ne se fait pas sans un « changement de culture » au sein des conseils municipaux.

Collaboration imposée par la loi

Le gouvernement provincial a déposé un projet de loi qui obligerait notamment les municipalités à discuter avec tous leurs voisins des collaborations possibles. Le gouvernement ne compte pas imposer aux élus municipaux de collaborer, mais l'espoir est de favoriser des rapprochements et le développement de projets en commun.

Le projet de loi devrait être adopté avant la fin de l'année.

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