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Une pancarte sur la Transcanadienne réclame l’abolition du financement des écoles catholiques

Avez-vous aperçu ce panneau sur la route 17 de Hagar à l'est du Grand Sudbury dans les dernières semaines? Des opposants au financement public des écoles catholiques en Ontario tentent de ramener le débat sur la scène politique provinciale.

Un texte de Sophie Houle-Drapeau

Depuis la mi-mars, Stephen Morneau loue l’espace publicitaire afin de faire réagir les gens qui voyagent sur la transcanadienne. Il souhaite que cela devienne un enjeu électoral pour les élections générales de 2018. Il vend aussi des chandails en ligne affichant le même message.

L’homme de 40 ans qui se dit athée ne croit pas que ce soit le rôle des écoles d'inculquer une identité religieuse aux enfants.

Le résident de North Bay reconnait le lien historique entre la langue française au Canada et la religion catholique, mais il estime qu'en 2017, il est temps de passer à un autre chapitre de l'histoire.

Selon lui, il y a longtemps que l'Ontario aurait dû cesser de financer les écoles catholiques. « Le fait qu'on ait deux conseils [scolaires] francophones, ça divise les francophones! »

Stephen Morneau a fréquenté l'école catholique dans la région de Timmins. « C'était la seule option pour mes parents de m'envoyer dans une école de langue française », raconte-t-il.

Pas dans la ligne de mire des partis politiques

L'enjeu n'est pas dans la ligne de mire des trois principaux partis politiques de l'Ontario.

Le Parti libéral indique par courriel qu'il continuera de respecter le cadre constitutionnel de l'éducation en Ontario et de financer les quatre conseils scolaires.

Un tel changement ne semble pas non plus sur la table à dessin de l'équipe de Patrick Brown. Le Parti progressiste-conservateur affirme simplement être favorable à des améliorations dans le système d'éducation tout en respectant le cadre actuel des conseils scolaires publiques et catholiques.

Pour sa part, le Nouveau Parti démocratique de l'Ontario ne ferme pas la porte à la discussion, « mais celle-ci devra être entamée par les conseils scolaires catholiques », explique la députée de Nickel Belt, France Gélinas.

Pour le NPD, il est hors de question de retirer un droit acquis à une minorité.

« Ce n'est pas à la majorité de décider ce qui adviendra d'un droit acquis d'une minorité. » explique la députée.

Ce principe est très important à ses yeux et elle fait le parallèle avec le droit acquis à une éducation de langue française.

Le droit à des écoles religieuses dont jouissent les catholiques en Ontario a d'ailleurs été contesté par l'Organisation des Nations Unies, qui a officiellement réprimandé le Canada à deux reprises, en 1999 et en 2005.

Le vote des catholiques suffisant pour perdre des sièges

Le statu quo des partis politiques ne surprend pas le professeur de science politique à l'Université McMaster, Peter Graefe.

Il explique que même si les sondages démontrent que la majorité des Ontariens sont favorables à la fusion des systèmes scolaires, les partis politiques craignent trop de perdre le vote des catholiques.

Que ce soit de proposer de cesser de financer les écoles catholiques ou de les fusionner avec les écoles publiques, le risque politique est grand selon le professeur.

Dans certaines circonscriptions, les candidats l'emportent parfois par 2 000 votes, illustre-t-il.

Peter Graefe croit que dans un système proportionnel les partis politiques oseraient proposer des changements au système d'éducation ontarien.

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