Elle est la première élue autochtone de l'histoire de la Ville de Montréal, femmes et hommes confondus. Marie-Josée Parent, directrice générale de l'organisation sans but lucratif DestiNATIONS, est devenue dimanche conseillère de Ville dans l'arrondissement Verdun, dans le district Champlain-L'Île-des-Sœurs.

Un texte de Laurence Niosi

Alors que pour la première fois la métropole comptera plus de femmes que d’hommes parmi ses élus, peu d’entre eux sont issus de la diversité. Le conseil municipal n’accueillera en effet que six élus provenant d’une minorité visible, et Mme Parent, qui est d’origine mig’maq et acadienne.

La jeune femme de 34 ans, qui s'est présentée sous la bannière d'Équipe Coderre, devient la première personne à s’identifier comme Autochtone à être élue au conseil municipal depuis son premier scrutin, en 1833.

Diplômée en philosophie et en histoire de l’art, Mme Parent a œuvré pour divers organismes culturels montréalais, notamment le centre d’artistes Les territoires, dont elle a été la directrice. À titre de directrice de DestiNATIONS et coprésidente du Réseau pour la stratégie urbaine de la communauté autochtone de Montréal, elle a également travaillé sur la construction d’une ambassade culturelle autochtone en plein coeur de Montréal, ainsi que sur la programmation autochtone des festivités du 375e.

Nous avons parlé à Mme Parent à quelques jours de son assermentation comme conseillère de Ville, le 16 novembre prochain.

Vous êtes la première élue autochtone de l’histoire de Montréal. Comment vous sentez-vous?

Je me sens fière, responsable, et puis privilégiée. C’est une responsabilité et de pouvoir jouer un rôle en politique avec imputabilité.

Que comptez-vous faire en tant que conseillère pour promouvoir les intérêts des Autochtones?

Ça fait partie des raisons pour lesquelles je suis en politique. Je veux travailler sur de grands projets de réconciliation. Le maire Denis Coderre a récemment annoncé une stratégie de réconciliation, et c’était mon idée à la base, celle de faire de Montréal une métropole de la réconciliation. Quand je suis arrivée en poste [à DestiNATIONS], j’ai présenté cette idée à mon C.A. Je voulais que la Ville soit un leader en ce sens. J’ai été inspirée par le travail de Vancouver, qui a élaboré une grande stratégie de réconciliation. J’ai proposé l’idée au chef [de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador] Ghislain Picard et au maire, et ça a été accepté de part et d’autre. Et on a commencé à travailler avec la communauté. Pour moi, continuer à faire ça, c’est une priorité. Et ça a un impact pas seulement pour Montréal, mais pour le Canada.

Comment concrètement pensez-vous déployer cette stratégie?

C’est une excellente question, mais je crois qu’il est trop tôt pour y répondre. On s’en reparlera dans un mois ou deux. Mais c’est important en général de travailler sur la présence autochtone en milieu urbain. On parlait d’un guide du design autochtone, de continuer à développer des liens avec les nations autochtones, de travailler sur la question de la place des cultures autochtones dans l’écosystème culturel montréalais, par exemple.

Quels dossiers voulez-vous promouvoir? Il y a notamment le projet d'ambassade autochtone sur lequel vous avez beaucoup travaillé...

Le projet d’ambassade autochtone continue d’avancer. Comme conseillère de Ville, je ne pourrais pas évidemment continuer à m’en occuper. Mais le projet a grandement avancé, et continuera à le faire sans moi à DestiNATIONS.

Tout ce qui est autochtone va faire partie de mes priorités. Il faut faire entendre la voix des Autochtones. Leurs intérêts ont toujours été mal promus. On connaît tellement mal les réalités autochtones, surtout au Québec. Il y a un travail de sensibilisation à faire pour créer des ponts.

M. Coderre a beaucoup parlé de réconciliation pendant son mandat. Avez-vous des attentes particulières pour cette nouvelle administration?

J’espère que l’administration en place va avoir cette sensibilité. On faisait des grands pas en avant sur les questions autochtones [sous Denis Coderre], et j’espère continuer à travailler en ce sens. Et je suis sûre qu’on peut collaborer sur le projet de réconciliation dans les années à venir.

La nouvelle administration est composée d'une majorité de femmes, mais fait peu de place à la diversité. Que faire pour changer cela?

Il faudrait présenter davantage de candidats issus des communautés culturelles. Il faut continuer le travail de sensibilisation, et montrer la diversité pas juste en campagne, mais dans la vie de tous les jours.

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