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Une première femme nommée à la tête de CBC/Radio-Canada

Pour la première fois de son histoire, CBC/Radio-Canada sera dirigée par une femme. La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, en a fait l'annonce mardi matin, à Ottawa.

Son choix s'est arrêté sur la productrice Catherine Tait, 60 ans, qui devient la nouvelle présidente-directrice générale du diffuseur public.

« Avec cette nomination, nous brisons une fois de plus le plafond de verre », a déclaré la ministre.

S'exprimant presque aussi bien en français qu'en anglais, Mme Tait s’est dite honorée d’être nommée à ce poste et aussi de devenir la première femme à diriger CBC/Radio-Canada.

« Bien sûr, je suis une femme, mais c’est surtout le rôle qui est important », a-t-elle dit d’emblée.

Mme Tait a tenu à dire qu’il s’agissait de son « emploi de rêve », avant d’énumérer quelques-uns des défis qui l’attendent.

Elle a ensuite parlé de la nécessité de faire de CBC/Radio-Canada le promoteur des histoires canadiennes et de l'héritage culturel unique du Canada dans le monde, et de l'importance d'une voix fiable à l’époque des « fausses nouvelles ».

Le fil conducteur de sa carrière est sa passion pour raconter des histoires, a-t-elle dit. « En tant que productrice, je sais à quel point il est difficile de créer du contenu qui rejoint le public », a-t-elle ajouté avant de saluer les « équipes très talentueuses » de CBC et de Radio-Canada.

« C'est un grand défi et je suis prête à le relever », a-t-elle dit à propos du poste de PDG.

Son mandat, qui débutera le 1er juillet, sera d'une durée de cinq ans.

La ministre Mélanie Joly a choisi Catherine Tait à partir d'une courte liste de candidats recommandés par un comité indépendant, dont faisaient notamment partie la cinéaste abénaquise Alanis Obomsawin et l'acteur Colm Feore.

« Notre mandat n'était pas de sélectionner une seule personne, mais de donner un choix de candidats au gouvernement. [...] Les autres choix auraient été plus sûrs. Celui-là est le plus audacieux », a pour sa part commenté le président du comité, le journaliste Tom Clark.

Longue carrière

Catherine Tait dirigeait l'entreprise Duopoly avant sa nomination. Établie dans l'arrondissement de Brooklyn, à New York, la société de production indépendante brasse des affaires dans les secteurs de la télévision, du cinéma et du numérique.

Mme Tait a travaillé dans le milieu de la télévision et du cinéma indépendants pendant plus de 25 ans, avec notamment des passages à Téléfilm Canada et au Fonds des médias du Canada.

Elle remplace Hubert T. Lacroix, président-directeur général de Radio-Canada depuis 2008. Nommé par Josée Verner, ministre du Patrimoine dans le gouvernement de Stephen Harper, M. Lacroix avait été reconduit pour un second mandat de cinq ans par le successeur de Mme Verner, James Moore.

Son mandat devait officiellement se terminer le 31 décembre, mais le gouvernement Trudeau a pris quelques mois de plus avant de faire son choix.

Invitée à commenter la nomination de Mme Tait à l’émission Midi info, Monique Simard, ex-présidente de la SODEC, s’est dite enchantée par la nouvelle.

« C’est une nomination rafraîchissante. Je la connais depuis une dizaine d’années. […] C’est quelqu’un d’extrêmement allumé, de vif. Elle a fondamentalement compris les enjeux du numérique, ce que ça transforme dans l’univers médiatique », a-t-elle mentionné.

Quant à Alain Saulnier, ancien directeur général de l’information à Radio-Canada, de 2006 à 2012, il juge que le principal défi de la nouvelle présidente « sera de faire de Radio-Canada/CBC un véritable rempart contre les géants du web, qui imposent une homogénéisation et une américanisation de la culture et de l’information ».

Selon M. Saulnier, qui a fait part de son opinion sur son blogue, Radio-Canada doit investir de façon massive dans l’univers numérique en tant que créateur de contenus notamment destinés aux francophones.

Il propose également de favoriser un rapprochement avec l’Office national du film (ONF), « qui s’est déjà inscrit dans la modernité numérique depuis les dernières années ».

Changements au conseil

La ministre a aussi annoncé plusieurs changements au conseil d'administration du diffuseur public.

Le recteur de l'Université Bishop's, Michael Goldbloom, en devient le président. M. Goldbloom a notamment été éditeur des quotidiens Montreal Gazette et Toronto Star. Il remplace Rémi Racine, en poste depuis presque 11 ans.

Trois postes d'administrateurs de CBC/Radio-Canada ont aussi été pourvus par la ministre Joly : Suzanne Guèvremont, qui a travaillé dans les secteurs des médias numériques, de la culture et de l’éducation pendant plus de 20 ans, Guillaume Aniorté, un entrepreneur des domaines numérique et médiatique, et Sandra B. Singh, nommée récemment directrice générale des arts, de la culture et des services communautaires de la Ville de Vancouver, font ainsi leur entrée au conseil.

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